Retraites : les députés rejettent le plafonnement de l'abattement sur les pensions !

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/10/2026
Retraitée heureuse
Istock
L'Assemblée nationale a infligé un lourd camouflet au gouvernement Lecornu ce jeudi 15 octobre 2026 en rejetant à une écrasante majorité le rabot fiscal sur les retraites.

Ce revers parlementaire fragilise l'édifice budgétaire de l'exécutif, en quête d'économies pour freiner le déficit public. Dans un hémicycle électrique, les oppositions ont formé un front uni pour faire barrage à une mesure fiscale ciblant les ménages seniors.

L'article 3 balayé par une alliance des oppositions

Le verdict de l'Asemblée est sans appel. Par 116 voix contre 30, les députés ont adopté les amendements de suppression de l'article 3 du projet de loi de finances pour 2027. Cette coalition a rassemblé les suffrages de la gauche, du Rassemblement national et d'une partie de la droite face au bloc central.

Le texte initial porté par Bercy entendait abaisser le plafond de la déduction forfaitaire de 10 % sur les pensions, le faisant passer de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal. Le dispositif visait ainsi les retraités percevant plus de 30 000 euros par an, soit environ 2 500 euros par mois.

Les débats ont provoqué des passes d'armes particulièrement vives. Pour défendre la mesure au nom de la justice intergénérationnelle, le ministre des Comptes publics David Amiel a affirmé, selon des propos rapportés par l'AFP, que "la moitié des retraités" n'étaient "pas concernés."  Le député MoDem Jean-Paul Mattei a déploré le rejet d'un "petit effort de solidarité" , quand Guillaume Kasbarian, élu Renaissance, a fustigé un "électoralisme primaire."

La réplique n'a pas tardé sur les bancs de l'opposition. La députée communiste Emeline K/Bidi a rétorqué : "Les retraités sont l'objet de tous vos fantasmes." De son côté, le député ciottiste Olivier Fayssat a dénoncé une cible facile : "C'est un peu comme les manifs, vous n'attrapez pas forcément les plus dangereux, mais ceux qui courent le moins vite."

Un trou de 1,4 milliard d'euros et l'hypothèse du 49.3

Ce rejet net ouvre une brèche financière immédiate dans la copie de Bercy. Le gouvernement comptait sur un rendement net de 1,4 milliard d'euros grâce à ce rabot pour tenir sa trajectoire financière. La perte de cette recette complique l'équation budgétaire du Premier ministre Sébastien Lecornu.

L'issue du scrutin expose également la fragilité politique de la coalition gouvernementale. Isolés dans l'hémicycle, les députés macronistes et leurs alliés du MoDem se révèlent incapables de bâtir un compromis parlementaire sur la fiscalité des ménages.

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Le calendrier s'annonce sous haute tension avant le vote solennel sur l'ensemble de la première partie du budget, prévu le mardi 20 octobre 2026. Face au risque d'un rejet global, l'hypothèse d'un recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution devient centrale pour réintroduire la mesure et faire adopter le texte, malgré la menace immédiate de motions de censure.

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