Quel est le "scandale d'État" que le LFI dénonce en ciblant Laurent Nuñez ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/10/2026
Laurent Nuñez
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
La France insoumise saisit la Cour de justice de la République contre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, l'accusant d'avoir exigé des renseignements territoriaux qu'ils imputent à tort les récentes émeutes au mouvement de gauche.

La tension politique grimpe d'un cran entre le gouvernement et les représentants insoumis. À la suite des violences urbaines survenues lors des mobilisations du week-end, La France insoumise engage une offensive judiciaire directe contre la place Beauvau. Cette riposte fait suite à des révélations de presse mettant en cause la neutralité des services de l'État.

La saisine de la Cour de justice de la République engagée par LFI

Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a annoncé ce mardi matin l'engagement de poursuites contre Laurent Nuñez. Le mouvement saisit la Cour de justice de la République, la seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions. La formation politique dépose plainte pour abus d'autorité et fabrication de faux documents administratifs. 

Sur l'antenne de Franceinfo, le député a justifié cette démarche : "Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez, parce que fabriquer des faux documents... faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité, c'est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ses prérogatives, ce sont des délits."

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La formation d'extrême-gauche dénonce ce qu'elle qualifie de manœuvre politique illégale destinée à discréditer l'opposition parlementaire. Selon Manuel Bompard, l'exécutif tente de reporter la responsabilité des pillages et dégradations urbaines sur son organisation : "Si les renseignements territoriaux produisent des rapports mensongers, si on leur demande d'écrire à l'intérieur de ces rapports des choses qui sont fausses (...) ça s'appelle un scandale d'État." 

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Cette contre-attaque judiciaire trouve sa source dans les révélations publiées par le média d'investigation Mediapart. L'enquête journalistique divulgue des échanges internes au sein des renseignements territoriaux, pointant des ordres venus du sommet de la hiérarchie en décalage total avec la réalité constatée sur le terrain par les agents de police.

Les coulisses des renseignements territoriaux et la riposte du ministère

L'enquête de nos confrères de Mediapart s'appuie notamment sur le témoignage d'un haut gradé de la police. Ce commissaire du renseignement territorial affirme avoir reçu l'ordre "texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux de l'avis général des RT." Les notes de terrain décrivent en réalité des groupes d'opportunistes et des profils disparates, sans lien partisan avéré avec les partis de l'hémicycle.

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Face à ces accusations, le ministère de l'Intérieur a immédiatement réagi en démentant toute ingérence. La place Beauvau réfute avoir dicté la moindre note et soutient que des éléments de l'ultragauche ont bien participé aux troubles. Cependant, cette défense entre en contradiction avec la justice. La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a déclaré sur TF1 qu'elle ne pouvait "absolument pas confirmer" l'affiliation politique ou l'ancrage à l'ultragauche de la plupart des personnes interpellées.

Cet affrontement fragilise le locataire de Beauvau et relance la controverse sur l'utilisation des services de sécurité publique dans la bataille politique. La commission des requêtes de la CJR doit désormais examiner la recevabilité de la plainte pour décider de l'ouverture formelle d'une instruction.

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