Meurtre de Thomas à Crépol : 11 accusés renvoyés aux assises avec la circonstance de racisme
L'instruction judiciaire franchit un cap décisif dans un dossier qui a bouleversé le pays lors des événements tragiques de la nuit du 18 au 19 novembre 2023. Après de longs mois d'investigations techniques et de confrontations, les magistrats instructeurs actent la clôture de leur enquête sur l'attaque survenue devant la salle des fêtes communale. Cette décision judiciaire lourde de conséquences fixe le cadre des futures poursuites criminelles liées à la mort du jeune Thomas Perotto, tué à l'âge de 16 ans.
Les magistrats retiennent la circonstance de racisme et renvoient onze suspects
Ce vendredi 25 septembre 2026, l'ordonnance de mise en accusation ordonne le renvoi de 11 accusés devant la cour d'assises des mineurs de la Drôme. La présence parmi eux d'un individu âgé de 17 ans lors des faits entraîne, par le mécanisme légal de connexité procédurale, la comparution conjointe des majeurs devant cette même juridiction spécialisée.
Sur les 14 personnes initialement poursuivies par la justice, un douzième homme est renvoyé pour violences volontaires avec arme, tandis que deux bénéficient d'un non-lieu. Dans l'attente de leur procès, 7 accusés demeurent incarcérés en détention provisoire, un autre est placé sous assignation à résidence et quatre suspects restent sous contrôle judiciaire.
Pour caractériser la circonstance aggravante prévue par l'article 132-76 du Code pénal, les juges retiennent une volonté délibérée d'atteinte et une "discrimination objective" dirigée contre "la race blanche et la nation française." Les magistrats s'appuient sur les dépositions concordantes de 19 témoins directs, qui rapportent des invectives hostiles proférées au cours de l'assaut, ciblant les participants en raison de leur origine perçue.
Constatant par ailleurs une "loi du silence" persistante qui interdit d'isoler l'auteur physique du coup de couteau fatal asséné à la victime, l'instruction retient la qualification de "scène unique" de violences. Cette doctrine juridique implique que tous les participants actifs à l'agression collective répondent solidairement du crime et des tentatives de meurtre.
Une divergence judiciaire marquée et un procès criminel envisagé d'ici 2028
La position adoptée par les juges d'instruction tranche nettement avec les réquisitions antérieures du parquet de Valence. Le ministère public avait requis l'abandon de la circonstance de racisme, qualifiant les témoignages évoquant des propos haineux d'éléments "minoritaires", "imprécis" et "contradictoires" sur l'ensemble des plus de cent procès-verbaux d'audition. À l'inverse, les magistrats instructeurs soulignent que ces dépositions ont été consignées par les enquêteurs quelques heures à peine après la rixe mortelle, écartant tout risque de concertation ultérieure entre les témoins.
Les conséquences pénales de cette qualification s'avèrent particulièrement lourdes pour les mis en cause. En retenant le mobile raciste, les accusés majeurs risquent désormais la réclusion criminelle à perpétuité, alors qu'un meurtre non aggravé est passible de 30 ans de réclusion, le mis en examen mineur bénéficiant pour sa part de la diminution de peine liée à l'excuse de minorité.
Les avocats de la défense disposent de voies de recours devant la chambre de l'instruction pour contester tant le motif discriminatoire que la notion de scène unique. En raison de ces démarches et des délais d'audiencement, l'ouverture du procès criminel devant la cour d'assises de Valence n'interviendra pas avant la fin de l'année 2027, voire le début de l'année 2028.
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