Igor Bogdanoff : les confidences intimes et douloureuses de sa fille Anna

Publié par Julien Pinardi
le 02/10/2026
Igor Bogdanoff
abacapress
© Bernaux Edouard/ABACA
Dans un entretien accordé à Madame Figaro, Anna Ostasenko Bogdanoff livre un témoignage poignant sur les fêlures d'une enfance marquée par l'ombre d'un duo devenu culte.

Derrière le décor futuriste de "Temps X" et les métamorphoses physiques des jumeaux Bogdanoff se cachait une sphère familiale complexe. Près de cinq ans après la disparition brutale d'Igor Bogdanoff, sa fille Anna publie son récit Rappelle-moi, ma belle aux Éditions JC Lattès. Elle y dévoile les coulisses d'un foyer suspendu entre amour profond et extravagances médiatiques.

L'ombre indélébile du double gémellaire

Construire une relation exclusive avec son géniteur s'apparentait à une mission impossible face à cette fraternité omniprésente. Cette symbiose absolue entre les deux scientifiques reléguait la sphère intime au second plan. "J'aimerais connaître mon père, Igor, sans Grichka", confie-t-elle sans détour à Madame Figaro. Pour la jeune femme, cette gémellité fusionnelle formait un bloc compact et hermétique, privant ses enfants d'un repère paternel totalement individualisé.

Un père fantasque, aimant mais insaisissable

Bienveillant et profondément affectueux, Igor Bogdanoff évoluait pourtant sur une autre orbite. Absorbé par ses innombrables projets, il semblait souvent planer dans un univers parallèle, laissant sa progéniture face à une figure paternelle insaisissable. Pour se protéger du tumulte et des jugements extérieurs suscités par cette célébrité singulière, Anna a d'ailleurs longtemps choisi de porter uniquement une partie du nom complet de son père : Ostasenko (de Youri Igor Ostasenko-Bogdanoff). Elle cherchait ainsi à échapper au poids d'un patronyme devenu un phénomène de foire médiatique.

Le mystère du "masque" et les blessures transgénérationnelles

Les spectaculaires transformations physiques des frères Bogdanoff ont alimenté des décennies de rumeurs. Invitée sur le plateau de l'émission "C à vous" sur France 5, Anna apporte un éclairage inédit sur ces altérations : "C'était une souffrance qui a poussé vers ce masque de plus en plus évident." Cette quête esthétique puiserait sa source dans l'histoire familiale. Petits-fils du célèbre ténor afro-américain Roland Hayes, les jumeaux étaient poudrés de blanc par leur grand-mère dans les années 1950 pour dissimuler leur métissage. Un traumatisme originel qui aura façonné leur rapport tourmenté à l'apparence.

Vous avez aimé cet article ?

Le deuil et la délivrance par l'écriture

Emportés à six jours d'intervalle par le Covid-19 entre fin 2021 et début 2022, les deux frères ont laissé un vide béant. Dans son ouvrage, Anna dépeint ce manque viscéral avec des mots crus : "Si je pouvais me saouler à mon père, je le ferais. Prendre une bouteille de la substance d'une personne, et la boire comme on boit de l'alcool." Cette démarche littéraire agit comme une catharsis indispensable pour apaiser enfin la mémoire d'un père adoré.

Google News Voir les commentaires