Édouard Philippe au 20H de TF1 : « On sent une irritation », décrypte Stephen Bunard, un expert du langage corporel
Édouard Philippe a-t-il laissé transparaître son agacement lors de son interview sur TF1 ? Interrogé dimanche 1er novembre sur la primaire proposée par Gabriel Attal et ses ambitions présidentielles, l'ancien Premier ministre a affiché une attitude déterminée. Une posture qui n'a pas échappé à Stephen Bunard. « J'ai le sentiment qu'il y a une nette volonté de reprendre la main. On voit quelqu'un qui va chercher dans ses tripes, avec la volonté d'être le plus droit et le plus convaincant possible », analyse l'expert.
Toutefois, cette détermination s'accompagne de signes de tension. « Je mettrais un bémol sur la prosodie, c'est-à-dire le ton de sa voix. On sent une irritation, une attitude défensive et une certaine exaspération », observe-t-il.
Édouard Philippe : une gestuelle qui traduit son implication
Pour Stephen Bunard, l'ancien chef du gouvernement semble chercher à sortir de sa zone de confort. « Ce qui ressort, c'est un surcroît de gestuelle », relève-t-il. Parmi les éléments les plus révélateurs, l'expert cite notamment les sourcils levés et les lèvres pincées.
Il rappelle qu'Édouard Philippe est un bon communicant, dont le langage corporel a contribué à façonner l'image publique. Il évoque notamment la période du Covid-19, lorsque l'ancien Premier ministre avait déclaré : « Je vais prendre des décisions qui sont difficiles à prendre », tout en se grattant la moustache.
« Quand Édouard Philippe a des choses difficiles à faire, son langage corporel parle beaucoup. C'est ce qui contribue à son capital sympathie », estime Stephen Bunard. Selon lui, l'ancien Premier ministre ne cherche pas à dissimuler ses réactions, ce qui renforce son image d'authenticité. « Il est en train de redevenir celui qu'il était lorsqu'il était Premier ministre. Il y a une volonté de renouer avec le parler vrai et de sortir de sa zone de confort. »
Primaire avec Gabriel Attal : « Un combo de rejet »
C'est lorsque la question de la primaire proposée par Gabriel Attal est abordée que les signes de tension seraient les plus visibles. À environ 40 secondes de l'interview, Stephen Bunard relève plusieurs réactions successives : un raclement de gorge, un haussement de sourcils et des lèvres pincées. « Il y a un combo de rejet », décrypte-t-il.
Stephen Bunard observe également une gestuelle marquant une prise de distance avec Gabriel Attal, qu'Édouard Philippe associe à la continuité du macronisme. L'ancien Premier ministre chercherait ainsi à se démarquer de cette ligne politique. « Il prend ses distances avec Attal. Il rejette le macronisme et ne veut pas y être associé », analyse-t-il.
Édouard Philippe : une exaspération qui pourrait être perçue comme de l'arrogance
Si cette gestuelle témoigne, selon Stephen Bunard, d'une forte implication et d'une volonté de remettre « les tripes sur la table », elle pourrait aussi desservir l'ancien Premier ministre. « Le bémol, ce sont ces petits signes d'irritation et d'exaspération qui pourraient être perçus comme de l'arrogance, à la Alain Juppé », prévient-il.
L'expert relève également une certaine fébrilité dans les échanges avec Anne-Claire Coudray. « Chaque fois que la journaliste pose une question, il ouvre déjà la bouche. Il y a une fébrilité derrière cette attitude offensive », observe-t-il. Pour Stephen Bunard, cette tension pourrait traduire le sentiment que la situation politique lui échappe, notamment autour de la primaire. L'interview laisse ainsi apparaître un Édouard Philippe partagé entre une volonté d'affirmation et une exaspération qu'il peine à contenir.
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