Drame de voisinage : un homme de 90 ans tue ses deux voisins après des années de conflit

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/09/2026
Fusil de chasse
Istock
Un homme de 90 ans a abattu au fusil de chasse ses deux voisins octogénaires à Lagor, dans les Pyrénées-Atlantiques, après dix années d'un conflit de mitoyenneté qui a tragiquement dégénéré.

Un petit village des Pyrénées-Atlantiques s'est réveillé sous le choc après la disparition tragique de deux retraités mardi vers 20 heures. Un contentieux de mitoyenneté qui couvait depuis une décennie a basculé dans l'irréparable lorsqu'un riverain a ouvert le feu sur ses voisins immédiats. Les autorités judiciaires tentent désormais de retracer la chronologie exacte de ce double homicide qui endeuille la commune.

Deux octogénaires abattus au fusil de chasse en plein village

Les faits se sont déroulés chemin du Stade, dans un quartier résidentiel d'ordinaire paisible de Lagor. Un couple de retraités, un homme de 85 ans et son épouse de 82 ans, se trouvait sur sa propriété lorsqu'il a été pris pour cible par des tirs d'arme à feu. Touchées à courte distance par des plombs tirés avec un fusil de chasse, les deux victimes sont mortes sur le coup avant l'arrivée des secours.

Alertés par les détonations assourdissantes qui ont retenti dans le voisinage, plusieurs riverains ont composé le 17 en urgence. Les gendarmes dépêchés sur place n'ont pu que constater le décès des deux octogénaires gisant au sol. L'auteur présumé des tirs mortels, leur voisin direct âgé de 90 ans, a été interpellé par les militaires sans opposer la moindre résistance dans sa maison mitoyenne.

Le parquet de Pau a rapidement ouvert une enquête flagrante sous la qualification de "meurtre de deux personnes". Les investigations techniques et les auditions ont été confiées à la brigade de recherches d'Orthez. Placé en garde à vue, le nonagénaire encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle conformément à l'article 221-1 du Code pénal, même si l'article 720-1-1 du Code de procédure pénale prévoit de possibles aménagements de peine pour motif médical ou grand âge.

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Un conflit de voisinage ancien et des alertes répétées

Selon les premiers éléments de l'enquête, une altercation violente a constitué l'élément déclencheur du drame. Un échange d'invectives aurait débuté entre les protagonistes avant qu'un projectile ne soit projeté par-dessus la clôture, poussant l'homme de 90 ans à s'emparer de son fusil de chasse. Cette dispute est venue clore une longue suite d'affrontements quotidiens.

Ce contentieux de voisinage empoisonnait l'existence des deux pavillons depuis près d'une décennie. Les relations s'étaient détériorées au fil des années, marquées par des dégradations matérielles, des insultes récurrentes et de multiples menaces verbales. Face à cette atmosphère devenue insoutenable, le couple de retraités avait récemment déposé une nouvelle plainte auprès des services de gendarmerie pour dénoncer le comportement agressif de leur voisin.

L'incompréhension domine parmi les habitants, frappés par le contraste entre le profil des victimes et celui du suspect. Le couple était décrit comme particulièrement investi dans le milieu associatif local, apprécié pour sa sociabilité, tandis que le tireur vivait dans un isolement grandissant. Le maire de la commune, Franck Rolland, a fait part de son profond désarroi face à cette escalade fatale. Les enfants des victimes avaient pourtant cherché à les sécuriser en installant des caméras de vidéosurveillance autour du domicile, une précaution restée dérisoire face à la violence du passage à l'acte.

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