Bernard Verley : mort du comédien à 86 ans dix jours avant la sortie de son tout dernier film

Publié par Julien Pinardi
le 29/09/2026
Bernard Verley
abacapress
© Datchary Jean-Jacques/ABACA
Le comédien et producteur Bernard Verley s'est éteint à l'âge de 86 ans à son domicile breton, laissant derrière lui une riche filmographie et une ultime comédie attendue en salles.

Figure discrète mais marquante du paysage audiovisuel français, l'acteur aura traversé plus de six décennies de créations exigeantes et populaires. Des plateaux d'Éric Rohmer aux intrigues policières du petit écran, il a incarné des figures mémorables auprès de générations de réalisateurs.

Une disparition soudaine à la veille d'une ultime apparition au cinéma

Le comédien s'est éteint ce dimanche 27 septembre 2026 à son domicile de Tréguier, dans les Côtes-d'Armor, à quelques jours seulement de son 87e anniversaire. La triste nouvelle a été confirmée dès le lendemain par ses proches via un communiqué transmis à l'AFP, précisant que ses obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité familiale.

Cette disparition intervient dans un calendrier particulièrement émouvant. Le mercredi 7 octobre 2026, Bernard Verley sera en effet à l'affiche de Ni vue, ni connue, une comédie signée Marc Fitoussi. Dans cette ultime partition sur grand écran, il prête ses traits au père du personnage principal incarné par Isabelle Huppert, donnant également la réplique à Sandrine Kiberlain.

Du jeune premier de la Nouvelle Vague aux grands maîtres du septième art

Formé à l'école Dullin et au Théâtre national populaire sous la houlette de Jean Vilar, l'acteur s'impose rapidement auprès des cinéastes les plus exigeants. En 1972, Éric Rohmer lui offre la consécration dans L'Amour l'après-midi, dernier volet des Contes moraux. Dans cette œuvre, il partageait d'ailleurs l'affiche avec sa propre épouse à la ville, Françoise Verley.

Sa présence singulière séduit ensuite les grands noms du cinéma d'auteur. Il prête son visage au Christ pour Luis Buñuel dans La Voie lactée, avant de croiser les univers de Jean-Luc Godard puis de Patrice Chéreau dans La Reine Margot.

Le choix de l'ombre, la passion de la production et les seconds rôles marquants

À la fin des années 1970, l'artiste s'éloigne volontairement de la lumière pour devenir producteur indépendant durant près de dix ans. Il finance ainsi des premiers films remarqués, comme La Terre au ventre de Tony Gatlif ou Nord de Xavier Beauvois, qui scelle également son retour devant l'objectif.

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Devenu un second rôle très recherché, il collabore avec Claude Chabrol et Pascal Thomas. À la télévision, les spectateurs le retrouvent au générique de séries renommées telles que Dix pour cent ou Capitaine Marleau.

L'audace des partitions complexes : le choc "Grâce à Dieu"

En 2019, l'acteur surprend en acceptant le rôle complexe et sombre de l'ancien prêtre Bernard Preynat dans Grâce à Dieu de François Ozon. Cette composition sans fard marque profondément les spectateurs et force l'admiration de la profession.

Lors de la sortie du film, son partenaire de jeu Melvil Poupaud saluait son audace : "Bernard Verley c'est un immense acteur qui a joué avec les plus grands metteurs en scène. Il a un rôle très difficile." Il laisse l'empreinte d'un comédien complet, guidé par la passion du jeu et l'exigence artistique.

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