Arnaque aux distributeurs : évitez absolument ces deux jours de la semaine

Publié par Sarah Martin
le 07/10/2026
Retraitée distributeur de billets
Istock
Illustration
Retirer des espèces un dimanche ou un lundi expose à un risque démultiplié de vol en raison de la fermeture prolongée des agences bancaires.

Les distributeurs automatiques de billets redeviennent le terrain de chasse privilégié d'escrocs chevronnés. Alors que le préjudice global des fraudes aux moyens de paiement en France dépasse 1,1 milliard d'euros annuel selon la Banque de France, les forces de l'ordre constatent une recrudescence d'attaques ciblées sur des créneaux précis. Face à des malfaiteurs rodés, la vigilance s'impose dès l'insertion de la carte.

Un calendrier stratégique pensé autour des agences fermées

Les services de police et la Brigade des fraudes aux moyens de paiement multiplient les avertissements. Les escrocs concentrent désormais leurs opérations le dimanche et le lundi, sans oublier les jours fériés. Ce choix calendaire ne doit rien au hasard : durant ces périodes, la quasi-totalité des agences bancaires physiques gardent leurs portes closes.

Cette absence totale de conseillers sur place prive les usagers de tout recours immédiat face à un dysfonctionnement matériel soudain. Les malfaiteurs ciblent en priorité les personnes vulnérables et les personnes âgées, statistiquement plus habituées à retirer des coupures pour régler leurs achats courants. Isolée devant l'automate, la victime désemparée devient une proie facile pour les manipulateurs en embuscade.

Du « billet magique » aux blocages mécaniques de cartes

Pour dérober les fonds, les délinquants privilégient la ruse via l'arnaque dite du « billet magique ». Un complice aborde l'usager en prétendant qu'un billet oublié bloque le distributeur ou que la transaction a échoué. L'escroc invite alors la cible à réintroduire sa carte bancaire et observe discrètement la saisie du code secret. Par un tour de passe-passe, la carte authentique est subtilisée et remplacée par un rectangle de plastique similaire.

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Les pièges matériels restent également très répandus. Le cash trapping consiste à obstruer la trappe de sortie des billets à l'aide d'une réglette adhésive pour récupérer l'argent après coup. Le card trapping, ou « collet marseillais », retient quant à lui mécaniquement la carte dans le lecteur. Selon l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le préjudice moyen d'un retrait frauduleux atteint environ 405 euros. La fermeture des guichets offre aux escrocs un délai de 24 à 48 heures pour vider les plafonds bancaires avant toute réaction. Ces actes relèvent de l'article 313-1 du Code pénal, qui punit l'escroquerie de peines pouvant atteindre cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.

Les bons réflexes pour sécuriser son retrait et réagir vite

Pour déjouer ces pièges, quelques principes simples s'imposent. Privilégiez les automates situés à l'intérieur d'un sas sécurisé ou dans des centres commerciaux plutôt que les bornes isolées sur le trottoir. Cachez systématiquement la saisie de vos identifiants à l'aide de votre main libre et refusez fermement toute intervention extérieure.

Si votre carte ou votre argent reste bloqué, la plateforme Ma Sécurité du ministère de l'Intérieur rappelle la règle : « Ne quittez pas immédiatement le distributeur : en cas de problème, prenez contact immédiatement avec la banque [...] et composez le 17 en cas d'anomalie suspecte ». Ne composez jamais un prétendu numéro d'assistance affiché sur un autocollant de façade. Verrouillez immédiatement votre carte bancaire depuis votre application mobile ou contactez sans attendre le serveur interbancaire d'opposition. Enfin, déposez plainte sans tarder auprès de la police ou de la gendarmerie pour faire valoir vos droits à un remboursement intégral.

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