On dit la santé du roi en exil déclinante. Cloîtré dans sa suite à Abu Dhabi, Juan Carlos déprimerait. Il voudrait rentrer chez lui, auprès des siens. Et se heurte à l'intransigeance de son fils, Felipe VI.
Juan Carlos : le crépuscule d'un roi

Juan Carlos a le mal du pays. L’Espagne lui manque. Il se sent perdu, enfermé jour et nuit dans sa suite présidentielle de L’Emirates Palace, aux Emirats arabes unis. Depuis août dernier, le temps lui semble interminable. L’exil est devenu son enfer. Il repasse en boucle le film de sa vie, celui de sa chute. Terrible. Abyssal. Comment lui, jugé autrefois comme un héros magnifique qui a permis à son royaume d’embrasser la démocratie, peut-il vivre un tel déclin ? Désormais son nom est synonyme de scandales, de turpitudes, de déshonneur. L’histoire ne retiendra que la petite de son passage sur Terre : ses 83 millions d’euros provenant d’Arabie saoudite et placés sur un compte suisse, dont une partie s’est retrouvé sur le compte offshore de son ancienne maîtresse, Corinna Larsen, son accompagnatrice lors de la fameuse chasse à l’éléphant au Botswana qui lui a coûté le trône. Il connaît ses erreurs. Il les a intégrées et depuis il déprime. Mais pourquoi a-t-il franchi la ligne rouge ? Pourquoi n’a-t-il pas senti que le monde changeait ? Aujourd’hui, on ne pardonne plus aux puissants leurs excès d’autrefois. On n’accepte plus qu’ils se croient au-dessus des lois. Juan Carlos l’a compris. Trop tard. Bien trop tard.

Un homme abattu

Dans sa suite pour milliardaire, il rumine et les idées noires l’assaillent. Peuvent-elles le broyer ? Il n’a désormais pour seule compagnie que son majordome et ses gardes du corps. Son...