En dépit des difficultés liées au métier, de plus en plus de personnes candidatent pour devenir éboueurs. Il faut dire que la profession cumule quelques avantages. Explications.

Eboueur, un métier qui n’a pas la cote ? La situation est en passe de changer. Car si d’un côté l’idée de décharger des poubelles la journée n’a pas bonne image, de l’autre, le métier attire de plus en plus de candidats. Une situation paradoxale qui a son explication.

Odeur, travail répétitif, horaires extrêmes…

A première vue, le travail est ingrat : collecter les ordures ménagères disposées le long des trottoirs, et les charger dans une benne de camion, le tout à vive allure. Par ailleurs, le métier accumule les inconforts : travail répétitif et dans une puanteur perpétuelle, déplacement à bout de bras derrière le camion, exposition aux intempéries et canicules, et des horaires extrêmes (à partir de 5 ou 6 heures du matin).

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Bref, un tableau peu réjouissant. Si bien que "le nombre d’accidents du travail pour 1 000 salariés dans le traitement des déchets ménagers est plus de 2 fois supérieur à la moyenne nationale", note l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Et arrivé à l’âge de 60 ans, les anciens éboueurs ont une espérance de vie de 16 ans, contre 17 pour celle des ouvriers non qualifiés en France et 19,4 ans pour l'ensemble de la population masculine.

…mais quelques "avantages"

Pourtant, le métier attire de plus en plus de candidats. Car malgré ces inconvénients, le métier a aussi ses avantages. Dans un reportage de France 2, Muriel, mère de famille, expliquait apprécier les horaires décalées qui lui permettent de dégager du temps pour s’occuper de ses enfants. Il faut dire aussi que le métier d’éboueur suit le système du "fini-parti" : vous pouvez rentrer chez vous (une fois le travail fini), et ce même avant l’horaire de fin. Une notion que nuance Stéphane Le Lay, coauteur de Les travailleurs des déchets, : "Ce genre de chose peut être vrai dans des société privés, mais ce n'est par exemple pas le cas pour les éboueurs travaillant pour la Ville de Paris", explique-t-il à Planet.fr. Quant à l'exemple de Muriel, il serait résiduel. "Des femmes éboueuses, ça reste marginal, autour de 4 voire 5 % du total des éboueurs, note le sociologue. Cela est dû au poids de la tradition qui voit d'un mauvais oeil le fait qu'une femme soit dans la rue. Ce qui aboutit à ce clivage : ceux qui nettoient dans la rue sont des hommes, alors qu'à l'intérieur des bâtiments, ce sont des femmes."

Le manque de diplôme nécessaire (sauf le permis pour les conducteurs) et la sécurité de l’emploi sont également des points positifs car les éboueurs sont principalement des fonctionnaires. Pour candidater, rien de plus simple : il suffit de passer par la mairie et de passer un examen (un test de logique, un entretien de motivation et un test d’endurance physique). Il est également possible de candidater via des entreprises privées auxquelles les mairies délèguent le service d’hygiène de la ville.

Un chauffeur de camion poubelle touche près de 2 000 €

L’autre motivation, et pas des moindres, est le salaire. Pour environ 35 heures par semaine, un éboueur gagne à peu près 1 700 euros brut par mois (sans compter les primes). Mais il est possible de gagner plus, en étant le conducteur du camion-poubelle. A ce poste – qui nécessite le permis poids lourds et une formation – l’éboueur gagne un peu plus de 2 000 euros brut mensuels.

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Des sources de motivation qui redore le blason de ce métier à la mauvaise image. Si bien qu’en 2014, à Paris – qui compte près de 5 000 éboueurs (dont 250 femmes) – il y avait sept fois plus de candidats que de postes à pourvoir.

Si vous êtes intéressé par le métier d'éboueur, France 5 a réalisé un reportage sur la profession.

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