Emmanuel Macron s’est récemment entretenu avec Donald Trump et Vladimir Poutine. Deux rencontres au cours desquelles il n’a pas hésité à s’imposer, quitte à prendre le risque de froisser ses homologues. Le nouveau président français cherche-t-il à jouer les fortes têtes ?

Planet : Que ce soit avec Vladimir Poutine ou Donald Trump, Emmanuel Macron a récemment montré qu’il ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Qu’est-ce que cela traduit ? François-Xavier Bourmaud* : "Emmanuel Macron a, à chaque fois, posé le cadre du dialogue qui s’opèrera désormais entre la France et les deux pays représentés par Donald Trump et Vladimir Poutine. Le président français a su s’imposer sans faire de faute : il n’y a pas eu de mot malheureux ni de polémique. On peut même dire qu’il s’est offert une entrée en la matière assez spectaculaire ! Entre la poignée de main avec son homologue américain et la réception à Versailles avec le russe… C’était le premier enjeu. Le second consiste à savoir si, sur le long terme, le chef de l’Etat réussira à obtenir ce qu’il veut. Or, pour l’instant il semblerait que ce ne soit pas le cas pour l’Accord de Paris, et l’on ne sait pas non plus sur quoi aboutira le dialogue sur la Syrie.

Planet : Emmanuel Macron a l’air sûr de lui. Sa manière de s’imposer est-elle innée ou bien, au contraire, est-elle le fruit d’un long travail ? François-Xavier Bourmaud : Emmanuel Macron est quelqu’un qui, en règle générale, n’improvise pas, ou alors très peu. Pour des rencontres aussi importantes que celles avec les présidents russe et américain, tout devait ainsi avoir été préparé en amont. Le chef de l’Etat anticipe beaucoup. J’ai d’ailleurs pu le constater pendant sa campagne : tous ses déplacements étaient réglés à la lettre et seule une toute petite part était laissée à l’improvisation.

Planet : Emmanuel Macron est-il quelqu’un d’exigeant avec les autres ? François Xavier-Bourmaud : Emmanuel Macron anticipe beaucoup et réfléchit vite. C’est un homme très exigeant avec son entourage et parfois, il arrive qu’il ne comprenne pas pourquoi les autres ne vont pas aussi vite que lui. Cela peut même générer de l’agacement chez lui ! Au moment de l’écriture de mon livre j’ai assisté à une scène qui illustre tout à fait cela. Le candidat en campagne devait se rendre à un salon et souhaitait savoir quels élus seraient présents. Et alors que son équipe n’était pas en mesure de lui répondre, il s’est agacé. Bien sûr, ils auraient forcément pensé à se renseigner sur ce point, mais l’idée ne leur est pas venue assez vite… Alexis Kohler, le secrétaire général de la présidence de la République est la seule personne dont Emmanuel Macron affirme ouvertement qu’elle a un cerveau plus rapide que le sien.

Planet : Emmanuel Macron a-t-il de l’humour ? François Xavier-Bourmaud : En privé, Emmanuel Macron est quelqu’un de drôle qui aime rire. En public, le seul écho que nous avons eu pour le moment était un fiasco. Sa blague sur les kwassa-kwassa n’a pas du tout faire rire. Pour autant, elle n’a pas créé de polémique. Mais si une autre personnalité avait prononcé ces mots, cela aurait été terrible… Le nouveau président semble encore bénéficier de son état de grâce.

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Cette blague ratée lui aura cependant servi à prendre la mesure du costume qu’il a récemment endossé. Si un citoyen ordinaire peut se permettre ce genre de boutade sans faire trop de vagues, un homme d’Etat à la résonnance internationale ne le peut pas. Aussi, je pense que si cet évènement n’a pas eu trop de retentissement jusqu’à présent, il pourra sûrement être ressorti dans le futur et risque alors d’être perçu comme un indicateur d’un humour mal maîtrisé, d’un dérapage".

*François-Xavier Bourmaud est l’auteur d'Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire (ed. L’Archipel)

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