Avec Versailles et Fontainebleau, Compiègne était la préférée des grands monarques, jusqu'à Napoléon III. L'incroyable château conserve les différentes expressions des pouvoirs. Mais c'est Louis XVI et Marie-Antoinette qui ont, en premier, lancé ici leurs styles. Découverte.
Villégiature royale à Compiègne

Villégiature royale à Compiègne

Jouxtant le cœur de ville, l'ample cour d'honneur du château de Compiègne s'offre tout en sobriété : péristyle et colonnades néo-classiques. Derrière la bâtisse, les fenêtres et terrasses des appartements royaux donnent directement sur le parc et les allées forestières. Les musées et domaine nationaux du château de Compiègne jouissent d'une situation véritablement exceptionnelle entre les bras de l'Oise et de l'Aisne, entre centre-ville et lisière de forêt.

La reconstruction du château commence sous Louis XV et, tout naturellement, Louis XVI et Marie-Antoinette poursuivent les travaux en y imprimant leurs goûts. Mais à peine ont-ils déterminé les plans et commandé meubles et soieries que la Révolution française stoppe net tous les projets. Le mobilier et les objets d'art sont disséminés. Puis, par-dessus les moulures savamment sculptées, d'autres époques imposent leurs modes. Si certaines pièces du château ont été restaurées dans chaque période, celle du second Empire domine encore largement à Compiègne.

L'exposition "Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne" permet de retrouver l'harmonie originelle des lieux, entre architecture et éléments de décoration intérieure. Dame Nature est omniprésente, comme l'expression de la simplicité royale. Là, des tourterelles passent d'une commode en acajou aux bergères confortables. Les tentures de la chambre du roi sont ornées de bouquets de fougères et de guirlandes fleuries, quand des corolles de fleurs, semblant encore frémir sous un brin d'air, font office de bras de lumières dans le salon des jeux de la reine. Tout n'est qu'allégories de Paix et d'Abondance.

Le Théâtre Impérial

Relié au château par une galerie suspendue, le Théâtre Impérial de Compiègne étonne. L'ancien jeu de paume, transformé en théâtre sous Louis-Philippe, était devenu bien trop petit pour accueillir la cour qui accompagnait chaque automne Napoléon III et l'Impératrice Eugénie. Un grand théâtre fut donc commandé en 1866. Quatre ans plus tard, la guerre éclate. Le théâtre totalement inachevé est laissé à l'abandon. Quelques traces suggèrent que le site aurait servi de dispensaire aux blessés des guerres. Le Général de Gaulle avait aussi bien pensé le choisir comme lieu de réception pour la présidence. Et puis, non ! Et les années passent. Une colonie de plus de trois mille pigeons s'installe (presque) définitivement.

"J'ai eu une chance folle ! Finalement, personne n'a jamais touché à ce théâtre", s'exclame Pierre Jourdan, directeur général et artistique du Théâtre Impérial de Compiègne. Passionné de musique et de langue française, il a enfin trouvé le lieu où produire l'art lyrique français pour lui redonner ses lettres de noblesse. Après un grand nettoyage, il dote l'endroit de toutes les évolutions techniques sans rien enlever des caractéristiques architecturales, acoustiques et esthétiques trouvées en l'état. "J'ai gardé les caissons naturels pour conserver cette magie, cet aspect inachevé que je n'ai pas voulu détruire avec de fausses finitions", explique Pierre Jourdan. La grande simplicité de l'ensemble n'en est pas moins sophistiquée, entre parquet sur cousins d'air et cadre de scène rappelant les fastes de Versailles.

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