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Publié le 10/01/2018

Obsolescence programmée : "On espère faire bouger les lignes"

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La justice française vient d'ouvrir une enquête contre Apple pour "obsolescence programmée", suite à une plainte déposée par l'association de consommateurs Hop, qui reproche au géant de la high-tech de ralentir délibérément ses téléphones pour pousser ses clients à en acheter un nouveau.

Des smartphones ralentis pour pousser à la consommation

"Pour les consommateurs, le ralentissement se traduit par des applications qui ne s'ouvrent plus ou très lentement, un clavier qui ne répond plus", explique Laetitia Vasseur, co-fondatrice de l'association Halte à l'Obsolescence Programmée (Hop). Ces dysfonctionnements interviennent "au moment où un nouveau téléphone est mis sur le marché" , précise-t-elle.

Le 21 décembre, Apple avait reconnu brider volontairement ses téléphones afin de préserver leur durée de vie, expliquant que ses batteries avaient, avec le temps, davantage de difficultés à répondre aux fortes sollicitations de l'utilisateur.

Plus de 3.700 témoignages de clients

Pour Laetitia Vasseur, cet argument n'est pas recevable : "S'il y a des problèmes avec les batteries, il faudrait pouvoir les changer facilement. Or sur les iPhones, c'est extrêmement compliqué d'enlever la batterie qui devrait être amovible. C'est comme si on vous disait : pour que votre voiture dure plus longtemps vous pouvez l'utiliser, mais seulement à 30 km/h. C'est absurde !"

Depuis qu'elle a déposé plainte, l'association a reçu plus de 3.700 témoignages de clients qu'elle compte transmettre aux enquêteurs. Si elle soupçonne d'autres marques de pratiquer l'obsolescence programmée, Hop n'a pas constaté pour l'heure de "corrélation entre des ralentissements et des sorties de nouveaux téléphones."

"Un enjeu important pour le pouvoir d'achat des consommateurs et pour l'environnement"

En septembre, l 'association avait déjà porté plainte pour les mêmes raisons contre des fabricants d'imprimantes, en particulier Epson. Elle espère que son combat permettra à terme de faire bouger les lignes et rappelle que depuis 2015, l'obsolescence programmée est considérée comme un délit dans le droit français :

" On espère bien que cela fera bouger globalement les marques pour aller vers des produits plus durables et réparables, parce que c'est un enjeu important à la fois pour le pouvoir d'achat des consommateurs, mais aussi pour l'environnement, en évitant tout un tas de pollution et de déchets (...)

L'obsolescence programmée ne concerne pas qu'une catégorie de produits, insiste la co-fondatrice de Hop : "Beaucoup de catégories sont concernées comme le petit électroménager, le gros électroménager, comme les machines à laver, et même les collants pour les femmes" , conclut Laetitia Vasseur.

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