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A Poitiers, un essai clinique « sauvage » mené illégalement sur 350 malades de Parkinson

Des molécules aux effets inconnus, testées sur au moins 350 malades de Parkinson ou Alzheimer, dans une abbaye et hors de tout cadre légal : un « essai clinique sauvage » d’une grande ampleur a été interdit ce jeudi par l’Agence du médicament (ANSM). Agnès Buzyn, ministre de la Santé, se dit « effondrée ».

L’Agence du médicament (ANSM) vient d’interdire ce jeudi 19 septembre 2019 un essai clinique « sauvage » mené « illégalement » sur au moins 350 malades de Parkinson ou d’Alzheimer. Cet essai avait pour but de tester des molécules de valentonine et 6-méthoxy-harmalan, fréquemment utilisées pour mieux dormir mais susceptibles de provoquer des effets secondaires chez certaines personnes.

Réalisé en partie dans une abbaye près de Poitiers, cet essai visait à tester des molécules dont « la qualité n’est pas connue », selon l’ANSM. Il était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins.

« Une atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal » Outre cette décision de police sanitaire, « l’ANSM a également saisi la justice sur ces pratiques illégales », a-t-elle indiqué dans un communiqué. C’est le pôle Santé du parquet de Paris qui a été saisi, a précisé Bernard Celli, directeur de l’inspection à l’ANSM.

Découvrir de tels essais sauvages « est très rare, a fortiori quand ils sont de cette ampleur », a expliqué Bernard Celli, selon qui il s’agit « d’une atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal ».

L’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan. Selon l’ANSM, ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir mais déconseillée à certaines populations par l’agence sanitaire Anses en raison d’effets secondaires.

« Je suis effondrée, horrifiée. Il y aura des sanctions et des poursuites », a réagi sur France Inter la ministre de la Santé Agnès Buzyn, dénonçant « une faute lourde ».

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