Les Colombiens ont commencé à voter dimanche lors d'un duel inédit entre droite et gauche, au second tour d'une élection cruciale pour la paix, et qui va désigner le successeur de Juan Manuel Santos, artisan du pacte historique avec l'ex-guérilla Farc.

Le champion de la droite dure, Ivan Duque, 41 ans, affronte Gustavo Petro, 58 ans, premier candidat de gauche à parvenir si loin dans une course présidentielle. Les bureaux de vote sont ouverts jusqu'à 16h00 locales.

IVAN DUQUE

Dauphin de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), farouche opposant à l'accord avec les Farc, Ivan Duque a promis de modifier ce texte, selon lui trop laxiste envers les ex-chefs guérilleros.

Il veut réviser l'accord de paix pour envoyer en prison les chefs des ex-Farc coupables de crimes graves et leur barrer l'accès au Parlement, éradiquer "le cancer de la corruption" et relancer la quatrième économie d'Amérique latine.

Novice en politique avec un seul mandat comme sénateur, l'avocat et économiste Ivan Duque se défend d'être la "marionnette" d'Alvaro Uribe.

Ivan Duque, soutenu par les conservateurs, les partis chrétiens, les évangéliques et l'ultra-droite, défend la liberté d'entreprendre et les valeurs traditionnelles de la famille, en agitant le spectre du Venezuela voisin en faillite.

GUSTAVO PETRO

C'est la première fois que la gauche colombienne, divisée et qui a pâti de la présence des guérillas, arrive aussi loin dans une course présidentielle.

Gustavo Petro, chantre d'une gauche anti-système, promet d'appliquer l'accord de paix et de lancer de profondes réformes favorables aux pauvres. Mais il paye sa proximité avec le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, bien qu'il ait désavoué son successeur Nicolas Maduro.

Les candidats s'opposent aussi sur le dialogue avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays. Gustavo Petro veut le poursuivre ; Ivan Duque compte durcir la position gouvernementale.

"Nous espérons que, quel que soit le vainqueur, il continue ces efforts (de paix) et respecte les accords conclus" , a déclaré mardi Pablo Beltran, chef négociateur de la rébellion, en cessez-le-feu pour ce scrutin.

Tourner définitivement la page d'une guerre fratricide, qui a fait au moins huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés, sera la principale tâche du futur dirigeant, qui prendra ses fonctions le 7 août.

Avec agence

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