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Publié le 16/11/2017

Sommet social européen : la ville-hôte, Göteborg, un contre-exemple

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Vendredi, les dirigeants de l'UE se réuniront à Göteborg, en Suède, pour discuter du pilier social de l'Europe. La Suède est l'un des Etats membres les plus connus pour son Etat-providence : une ouverture sociale, avec ses limites. Göteborg est l'une des villes les plus dynamiques en Europe. Mais les inégalités y sont importantes, l'écart entre riches et pauvres a presque quadruplé en vingt ans. Les ouvriers des banlieues se sentent laissés pour compte : pour Cecilia, la Suède ne ressemble pas à ce que pensent les autres Européens :

'Ce n'est pas un paradis. Si vous vivez en Suède, vous connaîtrez alors tous les inconvénients et toutes les injustices. En Europe, tout le monde entend dire : " la Suède est un bon pays, allez là-bas vous pourrez vivre bien ", eh bien non, ce n'est pas comme ça. C'est difficile de trouver un emploi et d'y élever un enfant'.

Ylva Johansson, ministre du Travail suédoise, répond aux questions d'Euronews :

Euronews - Le modèle social européen est-il aujourd'hui menacé ?

Ylva Johansson - Oui, il l'est. Je pense que la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis de nombreuses années, c'est que les écarts se creusent entre les différents groupes de personnes dans chaque État membre, et entre les États membres, ainsi que les écarts entre ceux qui ont un emploi et ceux qui sont au chômage. Je pense que c'est dangereux et que cela menace l'Europe sociale. Et nous avons également vu des extrémistes de droite et des racistes défiler dans les rues d'Europe, formant des mouvements qui ont gagné du soutien. Un Etat membre a voté pour quitter l'UE. Nous sommes en danger.

L'Europe peut-elle parler d'une seule voix, étant donné les divergences entre les États membres en ce qui concerne les emplois équitables et les droits sociaux ?

Oui et non. Le modèle social européen est pluriel. Nous avons une expérience et des modèles très différents selon les Etats membres européens. Mais nous pouvons aussi coopérer et nous entraider dans une convergence ascendante. C'est aussi ce que nous avions avant la crise. Je pense donc que nous devons gérer cela de telle sorte que nous n'appliquons pas le même modèle ou la même législation dans tous les États membres, parce que cela ne correspondrait pas aux réalités.

L'économie mondiale est également au bord d'une nouvelle révolution technologique, que beaucoup décrivent comme la quatrième révolution industrielle. Pensez-vous que l'Europe est prête pour cela ? Beaucoup d'analystes disent que cela va enlever du travail aux gens.

Non, nous ne sommes pas assez préparés. Mais je suis très optimiste à cet égard. Je pense que cette mondialisation et ces nouvelles innovations techniques nous aideront réellement à trouver une vie meilleure et des emplois plus décents, de meilleure qualité. Mais bien sûr, nous devons investir dans les gens pour qu'ils puissent avoir une meilleure connaissance, plus de compétences et faire partie de ce processus. Nous ne devrions pas avoir peur de ces nouvelles technologies ou des changements. Nous devrons les adopter, mais pour être en mesure de le faire, nous devons investir dans une société égalitaire afin que tout le monde puisse sentir cette réalité de bénéficier de ces nouvelles opportunités.

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