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Publié le 05/04/2018

Polémique en France sur le projet de loi asile-immigration

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"Accueil de villes entières", "des régions submergées" , des députés dénoncent le discours alarmiste de Gérard Collomb sur les demandeurs d'asile. Ce sont des élus de la majorité et des communistes qui, disent-ils, ne veulent plus de l'intox qui accompagne ce discours de la peur.

Gérard Collomb a présenté son projet de loi asile-immigration mardi en commission à l'Assemblée, et, malgré ses propos, il a laissé entendre qu'un assouplissement de la durée maximale de la rétention administrative était envisageable. C'est l'un des aspects les plus polémiques du projet que l'ONG la Cimade dénonce dans son ensemble, avant son examen par l'Assemblée nationale dans 10 jours (16 avril).

Un rassemblement était organisé, hier, dans le nord-est de la capitale :

"Evidemment la mesure phare contre laquelle on est vent debout, c'est les 135 jours de rétention, que les députés parlent de réduire à 90 jours. Pour nous, en fait, les 45 jours qui existent aujourd'hui, c'est déjà trop. Donc que ce soit 90 ou 135, c'est de toutes façons, intolérable pour nous" expliquait Marion Beaufils, intervenante pour l'association la Cimade au CRA du Mesnil-Amelot.

Hassan est sorti du centre de rétention du Mesnil-Amelot la semaine dernière. Il est Marocain et vit en France depuis 15 ans :

"Trois mois, c'est pour quelqu'un qui a commis un délit, ces gens, en rétention, ils ont rien commis du tout pour la plupart. Je suis désolé, j'ai dit au président Macron, il faut bien y réfléchir, ça, c'est pas une loi, c'est une condamnation gratuite, voilà. Et si vous voulez savoir les conditions dans le centre, il n'y a rien à raconter, c'est que des mauvais souvenirs."

Les salariés de la Cimade intervenant en centre de rétention sont en grève pour protester contre ce projet de loi. Le rassemblement d'hier avait lieu à quelques mètres de l'un des trois campements de migrants encore présents à Paris.

100 000 personnes ont demandé l'asile à la France l'an dernier. En Allemagne et en Italie, c'est plutôt le double. Selon l'association France Terre d'Asile, la France est en 17e position en Europe et les arrivées de migrants illégaux par la mer ont baissé de 63 % entre 2016 et 2017 dans l'Union européenne.

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