Des enseignants jusqu'aux policiers, en passant par les postiers ou encore les infirmiers, les fonctionnaires français manifestent ce mardi 22 mai. Pour la première fois depuis 2010, tous les grands leaders syndicaux se sont réunis derrière une seule et même banderole à Paris.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, c'est la troisième journée de mobilisation pour défendre le statut des agents de la fonction publique et s'opposer à la réforme du gouvernement.

Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, déplore le manque de moyens croissant au sein du service public :

" Si on a les moyens, on a droit à des services publics de qualité, un hôpital de qualité. Si on n'a pas les moyens, c'est la rue et la débrouille. C'est cette société là que nous ne voulons pas et nous défendons une autre société. "

La manifestation parisienne à l'appel des neuf syndicats de fonctionnaires a réuni 16 400 personnes selon le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP. La Préfecture de police a compté pour sa part 15 000 manifestants.

"Les personnels n'en peuvent plus"

Dans les quelque 130 manifestations à travers la France, les mesures en faveur des rémunérations sont l'un des enjeux principaux pour les syndicats, à quelques jours du rendez-vous annuel salarial.

Les agents de la santé publique sont en bonne place dans les cortèges et dénoncent notamment un manque d'effectifs au sein de l'hôpital public.

Jean Martin fait partie du cortège parisien. Cet infirmier anesthésiste raconte les cas de suicide dans son hôpital et décrit des salariés à bout de nerfs :

" Nous n'avons jamais eu dans nos locaux syndicaux des gens en pleurs qui nous demandent de partir au plus vite (...), ils veulent absolument partir de l'hôpital public, ils n'en peuvent plus. On a complètement privatiser la santé publique et donc les personnels n'en peuvent plus."

Alors que la manifestation parisienne se déroulait dans le calme, de brèves échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et quelques dizaines de manifestants encagoulés. Selon la préfecture de police, dix-sept personnes ont été interpellées.

Le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt, n'aura pas réussi à calmer la grogne . A la veille de cette nouvelle journée de grève, celui ci avait assuré qu'il n'y aurait pas de " remise en cause " du statut des fonctionnaires, évoquant plutôt des " ajustements " et une " modernisation ".

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