Un an après l'élection d'Emmanuel Macron, le prix Nobel d'Economie Jean Tirole fait le bilan. "Il faut agir très vite dans un quinquennat. Si on attend la dernière année, on n'a que des ennuis", prévient l'économiste dans le JDD, légèrement déçu par la réforme du Code du Travail qu'il juge "incomplète". "La bonne approche est d'instaurer des contrats à durée indéterminée mais flexibles. (...) Le système actuel des CDI et des CDD est très mauvais. À une époque où le numérique impose un mouvement permanent, les premiers privent les entreprises de flexibilité. Un CDI, c'est trop risqué : 90% des embauches se font déjà en contrat court ; demain, si rien ne change, ce sera 95%", alerte Jean Tirole dans le JDD, affirmant qu'il faut "protéger le salarié au lieu de protéger l'emploi". Il estime que la France a pris trop de retard par rapport à la Suisse ou l'Allemagne sur le sujet de l'apprentissage. Il évoque même l'hypothèse d'une assurance chômage européenne commune. "Nous avons besoin de plus d'Europe : la France ou l'Italie sont trop petites face à Google ou à la Chine. (...) Plus globalement, le monde, à commencer par les États-Unis, se tourne vers le protectionnisme. C'est ce que nous voulions éviter, ce que nous avions réussi à éviter lors de la crise de 2008... Revenir à 1930, que c'est triste", explique au JDD le prix Nobel qui défend aussi la réforme de la SNCF. "L'Etat doit exercer ses pouvoirs régaliens. Mais ne peut pas tout faire seul et doit consulter et dialoguer avec les corps intermédiaires", préconise Jean Tirole dans l'hebdomadaire.

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