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Publié le 17/04/2018

L'avenir du transport propre se trouverait-il en Pologne ?

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Cette édition de Spotlight nous emmène en Pologne pour découvrir la mobilité du futur et rencontrer ceux qui l'inventent. Des entreprises travaillent sur les batteries et les modes de transport des villes de demain en s'appuyant sur un vivier de talents locaux et internationaux, des coûts de production compétitifs, une économie en croissance et des incitations à investir.

'Le succès futur des économies dépendra de leur capacité à intégrer de nouvelles formes de mobilité et des solutions de stockage d'énergie performantes pour les faire avancer, précise notre reporter Chris Burns avant de préciser : C'est l'un des thèmes de cette édition de Spotlight consacrée aux entreprises polonaises qui développent des technologies destinées à la troisième révolution industrielle.'

Notre périple à travers la Pologne commence à Lublin, sur un site de production de bus. Installée dans une ancienne usine de munitions, l'entreprise emploie 2500 salariés qui sont en passe de fabriquer 1500 bus cette année. Un record pour cette société dont les ventes couvrent 10% du marché du bus électrique en Europe.

Chris Burns :
'Selon vous, dans quelle mesure ce marché va-t-il progresser en Europe ?'

Matthias Figaszewski, directeur du développement de la mobilité chez Solaris :
'Notre entreprise a sorti son premier bus électrique en 2011 et à l'époque, nos concurrents se sont moqués de notre initiative. On s'attend à ce que dans les trois ou quatre prochaines années, les bus électriques représentent jusqu'à 30% du marché total. On constate aussi que la plus forte demande en la matière émane des pays européens. Actuellement, nous livrons nos bus en Pologne, Allemagne, Belgique, Espagne, France et Norvège.'

Chris Burns :
'Mais vous avez aussi des clients ailleurs...'

Matthias Figaszewski :
'À l'extérieur de l'Europe, nous fournissons nos véhicules aux Émirats arabes unis, à Dubaï et en Turquie, à Izmir. Nous livrons aussi en Israël notamment.'

Des milliards d'investissements en recherche et développement

À Varsovie, cherchons à en savoir plus sur la mobilisation de la Pologne dans le domaine de la mobilité propre avec le vice-président de l'Agence polonaise pour l'investissement et le commerce (PAIH). Cela passe par des milliards d'investissements en recherche et développement.

Krzysztof Senger, vice-président de l'Agence PAIH :
'Nous aidons les entreprises à trouver le meilleur site d'implantation en Pologne tout en leur faisant bénéficier de toute une gamme de mesures incitatives - des avantages fiscaux, des subventions -, et ce dans l'objectif de bâtir le secteur polonais de l'électromobilité.'

Chris Burns :
''Le site polonais de LG':http://www.lgchem.com/global/main sera la plus grande usine de batteries destinées aux voitures en Europe. Que peut-on en déduire pour ce secteur en Pologne et pour son avenir ?'

Krzysztof Senger :
''L'investissement de LG':https://www.numerama.com/business/297603-lg-investit-leurope-de-lest-pour-produire-des-batteries-de-voitures-electriques.html illustre parfaitement l'émergence de cette production de batteries pour véhicules électriques en Pologne. D'autres suivront, je pense. Et actuellement, dans notre dispositif dédié à l'industrie automobile, nous travaillons sur 41 projets d'investissement dont dix en lien avec l'électromobilité.'

Chris Burns :
'Quelle part de ces investissements émane de la Pologne ? Comment encouragez-vous ce secteur ?'

Krzysztof Senger :
'Nous nous efforçons de développer ce secteur au niveau polonais grâce à une série d'incitations. Et nous aidons les entreprises polonaises à initier leur recherche et développement dans le domaine des batteries.'

[#Energy] Gigafactory projects in the #EU (as of 20 February 2018)
Can #Europe Avoid Technological Dependence? Read CMathieu_'s analysis https://t.co/m5jPxuyaPb #Battery #Northvolt #EUBatteryAlliance #CleanEnergy4Industry #EnergyUnion pic.twitter.com/qej2btGVR9- Ifri Paris-Bruxelles (IFRI_) 21 février 2018

Objectif de la Pologne : un million de véhicules électriques en circulation en 2025

Nous nous rendons chez un concurrent polonais de Solaris : la société Ursus que nous avions découverte dans une émission précédente. Elle a étendu sa gamme des tracteurs aux bus pour répondre à la demande croissante et renforcé son service recherche et développement pour concevoir des bus à énergies alternatives - électricité ou encore hydrogène.

Krzysztof Senger, de l'Agence PAIH :
'Nous aidons ces entreprises à créer un environnement propice aux investissements et bien sûr, en leur offrant des incitations publiques pour soutenir leur développement à l'international. L'une des mesures, c'est par exemple, une exonération de l'impôt sur les bénéfices dont vous pouvez profiter si vous vous installez dans une zone économique spéciale.
Autre exemple : la nouvelle législation qui fait partie du Paquet européen Mobilité propre. Les entreprises qui fabriquent des voitures électriques et les citoyens qui les achètent auront droit à des mesures d'incitation. Autre point très important : les villes pourront mettre en place des zones accessibles uniquement aux véhicules électriques. Et il y aura aussi des mesures pour inciter les collectivités locales à acheter des véhicules électriques pour leurs propres activités.'

Objectif du gouvernement polonais : aboutir à un million de véhicules électriques en circulation en 2025 et à 60.000 bornes de recharge réparties dans le pays. La démarche est déjà lancée en parallèle du déploiement de bus urbains électriques.

Un véhicule électrique à la suspension rétractable

Et pourquoi ne pas imaginer un véhicule électrique qui se faufilerait dans le trafic ? C'est justement ce qu'a fait le pilote Rafal Budweil avec son Triggo doté d'un empattement rétractable et d'un système de conduite par fil comme sur un avion.

Chris Burns :
'Alors Rafal, comment cela fonctionne-t-il ?'

Rafal Budweil, PDG de Triggo :
'On a installé un système de suspension à largeur variable qui permet d'avoir un encombrement très étroit dans les bouchons ou quand on veut se garer.
Mais, pour une utilisation à une vitesse élevée, il passe à la largeur classique d'une voiture.'

Rafal Budweil espère obtenir l'homologation de son Triggo cette année et lancer sa production en 2020 avec une stratégie marketing spécifique.

Chris Burns :
'Vous n'allez pas vendre votre modèle aux particuliers. À qui est-il destiné ?'

Rafal Budweil :
'On constate qu'il y a un développement spectaculaire des services de partage de véhicules. La mobilité est vue comme un service via des plateformes en Europe et dans le monde. Donc notre objectif, c'est de faire de Triggo, la meilleure option pour les opérateurs du partage de véhicules.'

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