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Publié le 14/03/2018

"La Russie n'a pas de données objectives" sur l'affaire Skripal

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L'empoisonnement à Salisbury, au Royaume-Uni, d'un agent double et de sa fille menace sérieusement les relations entre Londres et Moscou. Pour évoquer cette affaire, Andreï Beketov a interrogé le représentant permanent de la Russie auprès de l'Union européenne, Vladimir Chizhov.

Euronews :

"Un agent innervant d'origine russe a été utilisé sur le territoire européen ?"

Vladimir Chizhov :

"Sur l'origine de l'empoisonnement, je suis désolé, pour le moment la Russie n'a pas de données objectives, malgré le fait que de telles données ont été réclamées par le Royaume-Uni dès le premier jour."

Euronews :

"Ne tournons pas autour du pot. L'empoisonnement est d'origine russe. Le Royaume-Uni devait réagir. Dans ce cas précis on parle de l'utilisation d'une arme de destruction massive sur le territoire britannique."

Vladimir Chizhov :

"Ce n'est pas le premier cas de mort suspecte d'immigrants venus de Russie, de citoyens russes, de citoyens britanniques sur le territoire britannique."

Euronews :

"Mais Scotland Yard a fourni des preuves et la Cour a condamné un citoyen russe pour sa participation à l'assassinat d'Alexandre Litvinenko."

Vladimir Chizhov :

"Je me souviens bien de cette affaire elle ne remonte pas à si longtemps que ça. L'enquête a d'abord été ouverte mais dès que la Russie a proposé son assistance dans cette enquête, tout a été immédiatement classé. Sur quelles bases la justice britannique a-t-elle pris sa décision ? Nous n'en savons rien. Il en est de même de l'issue de l'enquête sur la mort tout aussi suspecte de Boris Berezovsky et d'Alexander Perepilichny qui est parti un jour faire son jogging et qui est mort soudainement. Plus récemment, dans des circonstances étranges, l'un des complice de Boris Berezovsky dans l'affaire Aeroflot, Nikolaï Glouchkov, est mort lui aussi sur le territoire britannique. Voilà peut-être ce que devrait résoudre la justice britannique".

Euronews :

"Doit-on comprendre dans vos paroles une certaine pression sur le Royaume-Uni, un pays qui quitte l'Union européenne et donc qui est affaibli et qui affaiblit l'UE?"

Vladimir Chizhov :

"J'espère que la situation actuelle ne me fera pas passer pour un fervent partisan du Brexit dur. Toute action de nature économique décidée par le Royaume-Uni, pendant le Brexit, ne peut être prise que dans le cadre commun de l'Union européenne. Et cela s'applique aussi pour les mesures que les autorités britanniques pourraient décider à propos de la Russie"

Euronews :

"Les Etats-Unis pourraient soutenir le Royaume-Uni. Le Secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, a été limogé. Il était parmi les plus durs du gouvernement contre la Russie à propos de l'affaire Skripal. Est-ce que son départ est un soulagement pour vous?"

Vladimir Chizhov :

"Je suis convaincu qu'il n'a perdu son poste de Secrétaire d'Etat à cause de cet épisode. Je n'ai aucune raison de penser que son successeur sera plus flexible."

Euronews :

"Revenons au Royaume-Uni. Londres prépare des sanctions. Est-ce que cela vous inquiète?"

Vladimir Chizhov :

"La Russie n'a peur de rien. Des regrets oui. Je regrette le débat qui s'est déroulé au Parlement britannique, je regrette les déclarations officielles faites au lieu de résoudre cette situation, au lieu d'inviter la Russie à participer à l'enquête."

Euronews :

"Récemment il y a eu de nombreuses accusations contre la Russie dans différents dossiers que ce soit le dopage dans le sport, l'ingérence lors de scrutins nationaux, ou à propos de l'autorité sur un territoire..."

Vladimir Chizhov :

"Et même que la Russie a organisé un référendum sur le Brexit !"

Euronews :

"Oui certaines personnes le soupçonnent, ainsi que le référendum sur la sortie de l'Ecosse. Les accusations indirectes s'accumulent, ce qui alimente les soupçons d'aujourd'hui."

Vladimir Chizhov :

"Et le débarquement de Guillaume le Conquérant en 1066 a aussi été préparé par le Kremlin..."

Euronews :

"Que peut faire la Russie face à cela?"

Vladimir Chizhov :

"Là-dessus le chemin est simple. C'est la lutte contre nos ennemis commun: le terrorisme international et le crime international "

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