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Publié le 21/08/2013

La Chine attend le procès de Bo Xilai

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La police chinoise sur les dents aux abords du tribunal populaire de la ville de Jinan, dans lâest de la Chine. Câest ici que doit sâouvrir ce jeudi le procès du dirigeant communiste déchu, Bo Xilai. Accusé de corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir, il encourt la peine de mort.

Une douzaine de ses partisans ont manifesté brièvement ce mercredi devant le bâtiment, avant dâêtre dispersés par la police.

âJe nâattends rien de ce procès. Je pense que ce procès est illégal et nous nâen reconnaitrons aucun verdictâ dit cet homme.

Surnommé le âprince rougeâ, Bo Xilai, 64 ans, sâétait fait connaître sur la scène internationale comme ministre du commerce de 2004 à 2007.

Mais il doit sa popularité en Chine à son travail dans la ville de Chongqing, dans le sud-ouest du pays, en tant que secrétaire local du Parti communiste. Il y a en effet démantelé la mafia locale et a rétabli des programmes sociaux égalitaires pour la classe ouvrière.

Champion de la nouvelle gauche chinoise déçue par la réconciliation avec lâéconomie de marché, il nâhésitait pas à contredire la ligne officielle. Pour les sinologues, son procès est avant tout politique: âLa corruption compte très peu dans ce procès. Câest plutôt que Bo était différent, il a vraiment secoué le paysage politique. Il défiait le consensus idéologique. Juste par la seule force de sa capacité politique et par son personnalité, Il menaçait dâéclipser jusquâà Xi Jinping, le nouveau secrétaire du Partiâ explique ici John Garnaut, auteur de âThe rise and fall of House Boâ.

Câest son ancien bras droit, le chef de la police locale Wang Lijun qui sonne sa perte. Câest par lui quâa éclaté le scandale du meurtre de lâhomme dâaffaires britannique Neil Heywood en 2011 à Chongqing, impliquant lâépouse de Bo Xilai, Gu Kailai. Wang Lijun aurait tout fait pour étouffer les preuves du meurtre.

Il a depuis écopé de 15 ans de prison et Gu Kailai, de la peine de mort avec sursis. Tous deux pourraient être appelés à la barre ce jeudi.

La justice reproche enfin à Bo Xilai dâavoir pratiqué des écoutes téléphoniques illégales sur de hauts dirigeants du parti.

Arrêté au printemps 2012 alors quâil ambitionnait de concurrencer Xi Jinping au sein du politburo, Bo Xilai nâa pas été vu en public depuis 17 mois. Son procès sâannonce comme le plus important en Chine depuis trois décennies.

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