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Publié le 02/03/2018

Inspire Middle East : le luxe entre ciel et mer

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Les jets privés étaient les vedettes de la cinquième édition du Salon Air Expo d'Abu Dhabi dédié à l'aviation générale et à l'aviation d'affaires. Inspire Middle East vous dévoile les dernières tendances en la matière mais aussi, bien sûr, les prix de ces avions de luxe. Nous nous intéresserons ensuite aux aéroports d'Abu Dhabi et à leur ambition affichée de devenir la plaque tournante de l'aviation VIP au Moyen-Orient. Nous vous emmènerons également dans la ville d'Al-Aïn, dans les coulisses des ateliers de fabrications de la société Strata où des femmes émiraties fabriquent les pièces des avions commerciaux. Enfin, pour terminer, nous changerons de mode de transport. Nous jetterons l'ancre au Salon nautique international de Dubaï.

SALON AIR EXPO ABU DHABI

Une étude de marché mondiale suggère que le marché des avions de luxe pourrait peser plus de 33 milliards de dollars d'ici 2020. Au salon Air Expo d'Abu Dhabi, certains clients dépensent plus de 4,5 millions de dollars pour leur jet privé. Ce coût n'est pas seulement une garantie pour plus de confort dans les airs, mais leur permet aussi de gagner du temps.

" Les présidents, les chefs d'entreprises volent à bord de ces appareils. Cela leur permet d'être plus productifs quand ils voyagent mais aussi de pouvoir gérer leurs horaires comme ils l'entendent. Le marché est en pleine croissance ", explique Claudio Camelier, Vice-Président Ventes chez Embraer Moyen-Orient et Asie-Pacifique.

En bas de la gamme Embraer, on trouve les classiques quatre places adaptés aux réunions d'affaires et qui volent jusqu'à 40 000 pieds. En haut de cette gamme, des avions qui peuvent accueillir jusqu'à 10 personnes. Toute une famille VIP par exemple peut voler confortablement puisqu'il y a plusieurs cabines, des lits, des douches et même des repas gastronomiques à bord. Le tout pour 55 millions de dollars.

" Vous pouvez choisir votre cuir et votre placage, votre cuisine et votre salle de bain en pierre. Votre avion devient votre chez vous, loin de votre maison. Vous bénéficiez de commodités identiques à celles proposées par un hôtel de luxe ", ajoute Claudio Camelier.

Pour les Jets Executives, la tendance est à l'accès internet haut débit, aux programmes de divertissement haut de gamme et au téléphone satellitaire, ce qui est pratique pour réserver un hangar à L'aéroport d'affaires Al Bateen. Il s'agit de la seule base réservée aux jets privés dans la Région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Elle peut accueillir jusqu'à 50 appareils.

Abu Dhabi fait tout pour convaincre les propriétaires de jets privés régionaux de venir stationner leurs avions à Al Bateen. Pour en faire leur destination numéro un.

" Nous investissons dans les infrastructures et dans tout ce qui est nécessaire pour attirer les exploitants d'avions d'affaires vers notre aéroport. Notre seule limite est le ciel. Tout est possible. Tout évolue en fonction de la demande sur le marché. Nous travaillons actuellement avec un groupe de l'aéroport d'Abu Dhabi. Nous consultons directement l'aéroport principal ce qui nous indique immédiatement qu'il y a un fort potentiel sur ce marché ", dit Nasser Juma, directeur général de la General Aviation des aéroports d'Abu Dhabi.

Rebecca McLaughlin-Duane, euronews : Certains analystes prévoient que l'industrie de l'aviation privée au Moyen-Orient pourrait tripler ces dix prochaines années. Voient-ils un peu trop grand ou est-ce une réalité ?

" Je les rejoins tout à fait. Vous avez constaté que bon nombre de projets se développent, ce qui montre que ce marché a un fort potentiel de croissance et que la demande est forte. Si ce n'était pas le cas, vous ne verriez pas les quatre principaux constructeurs exposer durant toute la durée d'un salon tel que celui d'Al Bateen ", ajoute Nasser Juma, directeur général de la General Aviation des aéroports d'Abu Dhabi.

Vous vous demandez sûrement si les jets privés seront à jamais réservés aux super-riches et aux célébrités... Et bien détrompez-vous ! .

" Heureusement, aujourd'hui le concept a changé. Nous rencontrons de nouveaux acteurs et de nouveaux bénéficiaires sur le marché. Nous voyons des particuliers voyager dans des jets privés dont ils ne sont pas propriétaires mais qu'ils affrètent. Prenons l'exemple d'une vingtaine de personnes. Elles veulent se rendre à un spectacle ou une réunion à l'étranger. Elles doivent calculer combien cela leur coûterait pour voyager en première classe. À partir de là, elles déterminent si cela est raisonnable d'affréter un avion et de pouvoir ainsi partir aux horaires qu'elles souhaitent. Et je suis certain qu'elles vont opter pour le jet privé ", assure Nasser Juma.

ESCALE A AL-AÏN

Rebecca McLaughlin-Duane, euronews : La prochaine fois que vous monterez à bord d'un avion commercial à destination d'un endroit exotique, jetez un oeil sur l'aile de l'appareil ou sur son déporteur, car il y a de grandes chances qu'ils aient été construits aux Emirats arabes unis.

Le secteur de l'industrie aérospatiale est traditionnellement dominé par les hommes, mais dans la ville d'Al-Aïn, les femmes ont pris les choses en mains. Elles fabriquent et assemblent les pièces maîtresses des avions pour des titans de l'industrie comme Boeing et Airbus. Elles représentent 86% de la main d'oeuvre locale dans cette branche d'activité.

" Faire partie intégrante de cette industrie, sachant que les pièces que nous fabriquons avec mon équipe, volent dans le monde entier et changent la vie des gens, me rend vraiment fière ", dit Meera Al Shamsi - Superviseur junior chez Strata.

Les gouvernes et les ailes des avions ont été fabriqués pendant des décennies dans des villes comme Toulouse et Seattle. Les Emirats ont donc pris l'industrie par surprise.

Il y a dix ans, à Al-Aïn, là où se trouve désormais le QG de Strata Manufacturing , l'usine de fabrication de structures composites pour l'aéronautique, il n'y avait que du sable. Cette société a donné un gros coup de pouce à l'économie locale et a renforcé les plans plus larges de diversification établis par les Emirats arabes unis.

L'entreprise a également tiré parti de la croissance mondiale du secteur aéronautique en livrant un nombre record de pièces l'an dernier, près de 10 000, soit un chiffre d'affaires de plus de 136 millions de dollars.

" Plus de 2500 avions transportent des pièces fabriquées par Strata - ce qui est assez important. A l'avenir, nous envisageons de produire encore bien plus grâce au programme Boeing pour lequel nous fabriquons déjà des pièces et des avions tels que l'A350, l'A350-900 et l'A350-1000 ", explique Saif Al Dahbashi, Responsable de production chez Strata.

L'objectif pour Strata : que l'usine d'Al-Aïn devienne la plaque tournante de la fabrication aérospatiale dans le monde d'ici 2030. Reste cependant une question. Les Emirats ont-ils les infrastructures adéquates pour faire face à une demande mondiale toujours plus importante ?

" Cette industrie est encore nouvelle dans la région et la chaîne d'approvisionnement locale va devoir s'adapter et évoluer afin d'atteindre un certain niveau. Aux Emirats ou à Al-Aïn, il est nécessaire d'élargir le réseau de producteurs locaux ", ajoute Saif Al Dahbashi.

Il faut aussi maintenir la stratégie de Strata sur les rails pour que, dans les années à venir, elle continue à développer une main d'oeuvre féminine dont la passion, le dévouement et les compétences dans un secteur hautement technique tel que celui de l'aérospatial, sont un atout.

SALON NAUTIQUE INTERNATIONAL DE DUBAÏ

Rebecca McLaughlin-Duane, euronew : Alors que certains spécialistes s'accordent à dire que le marché des jets privés au Moyen-Orient sera porteur cette année, d'autres affichent le même optimisme concernant le marché des yachts de luxe. Notre journaliste Salim Essaid est allé prendre la température du côté des investisseurs dans ce secteur au Salon nautique international de Dubaï.

Bienvenue dans le monde du 1%, là, où, si vous avez un million de dollars ou plus à dépenser, vous venez faire votre shopping.

Salim Essaid, euronews : Yachts et superyachts sont l'incarnation même de la vie luxueuse sur l'eau. Cette année, le salon nautique de Dubaï met en lumière les nouveautés -des fabricants aux investisseurs internationaux- visant à créer un Monaco au Moyen-Orient.

Avec 450 bateaux exposés et plus de de 850 entreprises internationales représentées, l'objectif de cet événement est d'attirer les nombreux investisseurs de l'industrie nautique. Dans ce secteur qui pourrait peser jusqu'à trois milliards de dollars d'ici à 2030, les Emirats tiennent une place importante. La Fédération est devenue l'un des 10 plus grands pays producteurs de yachts et superyachts du monde.

" Les infrastructures étaient disponibles. Aux Emirats et à Dubaï, tout était libre et les personnes venant d'autres continents -Asie, Afrique, Europe- sont restées ici car il était facile de s'y installer. Il y avait de la place et des installations utilisables ", explique Saeed hareb, Conseiller supérieur au Salon nautique de Dubaï.

Outre des bateaux exposés évalués à plus de 400 millions de dollars, le Salon nautique annuel de Dubaï est aussi l'occasion pour les Emirats arabes unis de se vendre comme une destination portuaire de premier plan et un centre de croisières de luxe.

" Lorsque vous venez ici, ce n'est pas seulement pour le salon nautique, c'est aussi pour le tourisme. Et pourquoi pas ? J'ai un petit bateau ou un grand bateau, pourquoi n'ai-je pas une belle villa ou un petit appartement flottant dans une crique ", dit Saeed hareb.

Ce salon c'est aussi une opportunité pour les constructeurs locaux de briller, pour la société Gulf Craft par exemple et ses 16,5 millions de dollars de chiffre d'affaires réalisés dans l'immobilier aquatique, preuves d'une constante évolution du secteur.

" La première tentation est de considérer cela comme un palais flottant. Les gens montent à bord et découvrent une propriété. Ils voient une villa sur l'eau avec toutes les commodités... presque à l'identique de ce qu'ils possèdent à terre ", analyse Erwin Bamps, le PDG de Gulf Craft.

Un bateau de 140 pieds de long représente deux fois un terrain de cricket. Un superyacht de neuf chambres représente tout ce que les acheteurs recherchent aujourd'hui, sur l'eau.

" Nous y voyons une indication sur la façon dont les gens regardent la plaisance aujourd'hui, avec des frontières moins floues. Ils veulent s'assurer que la vie sur l'eau est quelque chose qu'ils peuvent embrasser bien plus longtemps que seulement une ou deux semaines par an lors des vacances ", explique le PDG de Gulf Craft.

Erwin Bamps travaille dans ce secteur depuis des années. Il a traité toutes sortes de demandes de clients tels que des tables descendant du plafond par exemple, mais une exigence l'a particulièrement marqué.

" Planter des arbres sur un yacht n'est pas une demande évidente. Nous devions dire aux clients qu'il est difficile d'entretenir ces arbres sur un bateau, de grands arbres au beau milieu de la mer ", se rappelle Erwin Bamps.

Conclusion, si vous avez les moyens, il semblerait que vous puissiez avoir tout ce que voulez sur votre yacht de luxe.

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