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Publié le 24/03/2018

Ghouta orientale : le régime en passe de remporter la bataille

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Les rebelles s'apprêtent à abandonner samedi leur avant-dernière enclave dans la Ghouta orientale, désertée par plus de 105.000 civils depuis le lancement d'une offensive meurtrière du régime, qui contrôle désormais la quasi-totalité de cet ancien bastion insurgé aux portes de Damas.

Ces déplacés, qui ont fui depuis dix jours bombardements aériens intenses et combats au sol, se sont réfugiés dans des zones sous contrôle gouvernemental, via des couloirs humanitaires mis en place par les autorités, selon la télévision d'Etat. La région comptait environ 400.000 habitants avant le début de l'offensive le 18 février.

Plus de 1.600 civils ont été tués depuis le lancement de cette campagne d'une rare violence, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a aussi fait état de la mort d'au moins 485 soldats du régime et de 310 rebelles. Deux des trois groupes d'insurgés présents dans la zone ont accepté d'évacuer leurs positions dans la Ghouta, assiégée depuis 2013.

Samedi matin, profitant d'un cessez-le-feu, des dizaines de civils sont sortis dans les rues dévastées de plusieurs villes de la région, souvent pour la première fois après des semaines de pilonnage, a constaté un correspondant de l'AFP.

Quelque 7.000 combattants du groupe insurgé Faylaq al-Rahmane doivent commencer à partir samedi avec leurs proches, en abandonnant une partie de leur armement dans une poche au sud de ce qui fut leur ancien fief dans la Ghouta, conformément à un accord parrainé par la Russie, alliée de Damas.

Utilisation de phosphore blanc ?

A Arbine, quittant leurs abris souterrains, les rebelles de Faylaq al-Rahmane et leurs familles attendaient samedi leur évacuation, bagages à la main.

Les bus devant les conduire dans la province d'Idleb (nord-ouest), qui échappe au contrôle du régime, n'étaient pas encore arrivés en fin de matinée, "pour des raisons logistiques" selon la télévision d'Etat syrienne.

"Nous sommes écoeurés d'avoir à quitter la Ghouta, de devoir abandonner notre foyer, la ville où on a toujours vécu", a commenté Abou Khaled, un combattant de 28 ans.

Un porte-parole du groupe rebelle avait auparavant justifié l'évacuation par "la situation humanitaire catastrophique" dans l'enclave, en proie à une pénurie de nourriture et de médicaments, s'ajoutant à des raids aériens dévastateurs.

Des "bombes incendiaires" ont même été larguées sur Arbine, selon l'OSDH, qui dénonce la mort cette semaine de 37 civils "de brûlures et de suffocation". Des images tournées par l'AFP évoquent un possible emploi de phosphore blanc, dont l'utilisation contre des cibles militaires au milieu des civils est interdit par le droit humanitaire international.

A 15 kilomètres d'Arbine, le sommeil des Damascènes a de nouveau été troublé par des détonations, mais il s'agissait cette fois de tirs de célébration en prévision de la fin des opérations dans la Ghouta orientale et non des obus et roquettes que les rebelles tiraient sur Damas depuis cette zone stratégique.

L'accord d'évacuation conclu entre le régime et le groupe insurgé Faylaq al-Rahmane comprend l'évacuation des rebelles des localités d'Arbine, Zamalka et Aïn Tarma dans la Ghouta ainsi que de certaines parties du quartier de Jobar à Damas.

Le régime syrien, appliquant une stratégie alternant bombardements intensifs, combats au sol et négociations, contrôle désormais 90% de la Ghouta orientale, un ancien verger en périphérie de la capitale qui fut l'un des premiers foyers de contestation antirégime en 2011.

Les rebelles ne sont plus présents que dans une seule enclave, autour de la ville de Douma, tenue par le groupe islamiste Jaich al-Islam, où des négociations sont en cours.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 avec la répression de manifestations en faveur de réformes démocratiques, a fait plus de 350.000 morts et conduit des millions de Syriens à l'exil. Au fil des ans, le conflit s'est transformé en une guerre complexe, impliquant de multiples belligérants, avec l'intervention directe de puissances étrangères.

Dans le nord-ouest, l'armée turque mène depuis le 20 janvier une offensive pour chasser de la frontière avec la Turquie la milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG), et contrôle désormais l'enclave d'Afrine. Quelque 167.000 personnes ont été déplacées par l'avancée des forces turques, selon les Nations unies.

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