Malgré quelques avaries, la mission Rosetta continue. Dernière découverte en date, l'eau des comètes est sensiblement différente de celle sur Terre.
©NASA/American Geophysical Union/Osiris System

En orbite depuis trois mois autour de la comète 67P Tchourioumov-Guérassimenko, plus communément appelée Choury, Rosetta poursuit ses analyses spectrométriques. Parmi ces examens, les scientifiques s’intéressent de près à la présence d’eau sur 67P et à ses origines. Une étude parue ce mercredi dans la revue scientifique américain Science prouve que l’eau de la comète est singulièrement différente de celle de nos océans.

Cette révélation vient balayer les hypothèses émises par certains scientifiques quant à la provenance de l'eau sur notre planète. En effet, ces derniers pensaient que l'essentiel de l'eau parvenue sur Terre avait pour origine les comètes.

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De l'eau oui, mais pas la même que sur terre 

"Depuis que la sonde Rosetta s’est approchée à moins de 100 kilomètres de 67P, les deux spectromètres de masse de l’instrument Rosina détectent très clairement la signature de l’eau", explique Kathryn Altwegg, première auteure de l’étude et responsable scientifique de Rosina, à l’université de Berne (Suisse). Cependant, cette eau n’a pas la même signature que l’eau océanique. "Nous devons conclure que l’eau terrestre a été plus probablement apportée par des astéroïdes que par des comètes", précise la scientifique.

Le deutérium, signature de l'origine de l'eau

La signature atomique des molécules d’eau de Choury est en effet bien différente. Un des spectromètres embarqués par la sonde a permis de mesurer le ratio entre les atomes de deutérium (un isotope de l’hydrogène) et ceux d’hydrogène. Ce rapport est une signature particulière et précise permettant aux scientifiques de découvrir la provenance de l’eau, rapporte l'AFP. "Ce ratio de deutérium par rapport à l’hydrogène (sur 67P) est probablement le plus élevé de tous les corps du système solaire", de l’ordre de trois fois celui de l’eau terrestre, souligne Kathryn Altwegg.

Une proportion élevée de deutérium "signifie que la comète Tchourioumov s’est formée à très basse température, probablement au tout début du système solaire" il y a 4,6 milliards d’années, révèle la scientifique.

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"On a du mal à s'y retrouver"

Selon Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au Centre national d’études spatiales contacté par l’AFP, "ce résultat de Rosetta ne bouleverse pas les choses mais les rend un peu plus complexes qu’on ne le pensait, tout en renforçant l’hypothèse des astéroïdes" comme étant à l’origine de l’eau océanique. Et de poursuivre : "le ratio deutérium/hydrogène de l’eau est variable d’une comète à l’autre, beaucoup plus, apparemment, que pour les astéroïdes et, pour le moment, on a du mal à s’y retrouver".

Si les scientifiques n'ont pas encore toutes les données pour retrouver l'origine de l'eau sur Terre, Rosetta va néanmoins continuer à leur envoyer des informations cruciales. "En se rapprochant du Soleil, la quantité de gaz éjectés va s'accroître, et d'ici au mois d'août 2015, les signaux enregistrés par nos instruments vont encore augmenter d'un facteur 100, et nous allons voir bien d'autres choses", s'est déjà félicitée Kathryn Altwegg.

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