Xavier Dupont de Ligonnès est toujours introuvable, 7 ans après la macabre découverte dans sa maison de Nantes. Aujourd’hui, estime l’ancien directeur de la SRPJ de Versailles, l’homme pourrait être jugé, même s’il n’a pas été retrouvé.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît Dupont de Ligonnès sont tués puis enterrés sous la terrasse de la demeure familiale. Seul rescapé de ce qu’on surnomme très rapidement la tuerie de Nantes, Xavier Dupont de Ligonnès devient le suspect principal. Jamais les autorités n’arriveront à rattraper l’homme, qui acculé par les dettes, a vraisemblablement pris la fuite. La dernière image de lui a été prise le 15 avril 2011, à un distributeur automatique de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Peu importe, pour Jean-Marc Bloch, ancien directeur de la SRPJ de Versailles, contacté par Planet, si l’on attrape l’homme, "nous pouvons le juger même s’il est absent",, il y a selon lui assez d’éléments dans le dossier.

Cette procédure s’appelle "défaut criminel", elle remplace le jugement par contumace qui a disparu en 2004. "Aujourd’hui, je suis convaincu que Xavier Dupont de Ligonnès est vivant. D’ailleurs ses proches ne disent pas autre chose. Il n’aurait pas mis tout cela en place pour se suicider après", rappelle l'ancien grand flic tout en évoquant la personnalité égocentrique du suspect et l’aspect méthodique des homicides dont est soupçonné Xavier Dupont de Ligonnès. "Mais s’il mourrait aujourd’hui, peu importe où il est, il mourrait innocent', ajoute Jean-Marc Bloch.

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Un dossier suffisant

En dépit de ‘’l’absence’’ de Xavier Dupont de Ligonnès, Jean-Marc Bloch estime que les enquêteurs disposent aujourd’hui "d’un dossier très précis. Il y a une chronologie très claire de ce qu’il a fait entre le départ de sa maison et la dernière image qu’on est de lui à Roquebrune sur Argens. C’est une affaire jugeable", assure-t-il. D’autant plus que selon lui le mobile est connu. "Xavier de Ligonnès est un être d’apparences. Il avait une famille versaillo-nantaise, bien sous tout rapport. Il faisait croire que tout allait bien mais il avait dilapidé l’héritage de sa femme et avait emprunté pas moins de 50 000 euros à sa maîtresse. Les huissiers arrivaient. Toute sa vie basée sur le mensonge allait s’effondrer. Et il l’avait d’ailleurs écrit, soit c’est lui qui se foutait en l'air, soit c’était le reste qu'il foutait en l'air", raconte Jean-Marc Bloch qui a travaillé en profondeur l’affaire notamment pour une émission avec Arnaud Poivre d’Arvor.

Juger Xavier Dupont de Ligonnès dans une procédure de défaut criminel, n’empêcherait nullement de continuer les recherches mais cela permettrait "d’apporter des réponses aux proches des victimes, à la famille et à la société. Aujourd’hui, il faut un procès public et une vérité judiciaire pour éviter les fantasmes". Jean-March Bloch vise notamment la thèse avancée en 2013 par la soeur du suspect qui se disait convaincue qu'il ne s'agissait nullement d'assassinats mais que son frère et sa famille avaient été exfiltrés.

Si l'homme en cavale venait à être retrouvé après un potentiel jugement par défaut criminel  – « le seul problème c’est qu’il a un physique assez banal et qu’il ne fait aucune erreur, mais il y a toujours une chance - il serait alors rejugé.

Vidéo : Le mystère Dupont de Ligonnès demeure