Un formulaire de l'université de Cergy-Pontoise, visant à détecter les "signaux faibles" de radicalisation, a suscité un tollé. Si cette fiche controversée adressée ce lundi 14 octobre aux personnels de l'établissement a été retirée, elle sous-tend cependant une réelle question : que faut-il vraiment faire en cas de suspicion ?
Vous soupçonnez quelqu'un d'être radicalisé ? Voici ce qu'il faut faireCapture du mail envoyé à l'Université de Cergy-Pontoise

Vive polémique ! Les extraits d’un document envoyé par mail à l’ensemble des personnels de l’université de Cergy-Pontoise ce lundi 14 octobre, et relayés sur les réseaux sociaux ont provoqué l’indignation. Signée du fonctionnaire sécurité défense de l’établissement, la fiche, censée permettre de "déceler la menace terroriste" et les personnes susceptibles d’être en cours de radicalisation, répertorie pas moins d’une soixantaine de critères, rapporte Le Figaro.

Radicalisation : stigmatisation d’une population

Le courriel, contenant un "appel à la vigilance" ainsi qu’un fichier Excel sur les "signaux faibles liés au comportement d’une personne connue" présente, entre autres, dans son questionnaire les données suivantes :

  • "signaux de rupture" familiaux, professionnels ou scolaires
  • "apparition du voile"
  • "changement de physionomie" avec "port de la barbe sans moustache"
  • "changement vestimentaire" avec "port d’une djellaba ou un pantalon dont les jambes s’arrêtent à mi-mollets"
  • "absentéisme récurrent aux heures de prières"
  • "refus de l’autorité des femmes"
  • "arrêt de consommation de boissons alcoolisées"

Aussitôt publiés, ces aperçus dévoilés sur les réseaux sociaux ont donné lieu à de vives réactions.

"J’ai honte", a aussi immédiatement réagi Clément Carbonnier, maître de conférences en économie, sur le réseau social Twitter. "On demande à des fonctionnaires de faire remonter des informations sur les signes religieux des étudiants, c’est un fichage par rapport à la croyance, s’émeut-il. On passe un cap monstrueux, en nous demandant clairement de dénoncer nos étudiants ou nos collègues musulmans."

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