Féminicide : des agresseurs souvent présentés comme les victimes ?

Malgré ces chiffres accablants, il n’est pas rare que les agresseurs bénéficient d’une assez forte empathie. La presse a même parfois tendance à les présenter comme des victimes de leur propre affaire. Les cas Quesada et Daval illustrent assez bien certains de ces mécanismes de protection qui se mettent en place.

"Sachez en tout cas qu’il ne va pas bien, Christian Quesada. Pour lui c’est très compliqué alors on ne va pas le plaindre bien entendu, mais voilà. C’est vrai qu’il va très mal actuellement", précisait par exemple Cyril Hanouna au sujet de l’ancienne coqueluche de l’émission de Jean-Luc Reichmann.

Jonathann Daval, lui, était présenté comme "dévoré de l’intérieur", frappé d’un état de santé "très préoccupant"… Quand il n’était pas simplement présenté comme la victime des "violences verbales" de sa compagne. Petit rappel contextuel : elle est aujourd’hui morte et il est mis en examen.

"Ce genre de traitement médiatique est très fréquent. Il vise à minimiser la gravité des agressions comme des meurtres, à en excuser les auteurs. Très souvent, il présente les victimes comme responsables de ce qui leur est arrivé", alerte dans nos colonnes Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans les violences sexuelles et présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. "Cette façon de présenter les agresseurs n’est pas sans impact sur la société : ça se ressent notamment dans les tribunaux, mais pas que. Cela touche aussi une partie de la population", déplore pour sa part une administratrice du collectif Féminicides par compagnons ou ex.

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