Jacqueline Sauvage publie cette semaine un livre dans lequel elle se confie sur le meurtre de son mari. Interviewée dans "Sept à Huit" dimanche su TF1, elle est revenue sur sa vie de femme battue.

Des confidences poignantes. Jacqueline Sauvage publie cette semaine un livre, Je voulais que ça s’arrête, dontLe Journal du Dimanche a obtenu des extraits. Celle qui a été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari avant d’être graciée par François Hollande se confie sur ce jour où tout a basculé, en septembre 2012, lorsqu’elle tue son mari, Norbert, de plusieurs coups de fusil, trois jours après le suicide de leur fils.

Jacqueline Sauvage raconte notamment le meurtre de son mari et ce qui l’a poussée à commettre un tel geste. "Ce jour-là, il avait juré de tous nous éliminer : 'Je vais te crever! Je vais crever tes gosses!' (…) Une scène si routinière, une violence si fréquente", explique-t-elle. "Ce jour-là, ce fut différent. (…) J’ai vu mes enfants morts. (...) J’ai passé la langue sur ma lèvre abîmée par lui, le goût du sang dans ma bouche. Je ne voyais plus rien. J’avais le fusil entre mes mains. J’ai fermé les yeux et tiré trois fois".

Le symbole des femmes victimes de violences conjugales

Le récit de 47 années de violence quotidienne. Jacqueline Sauvage parle également de la violence qui "s'installe doucement, insidieusement" dans leur couple dès les premiers mois et des raisons pour lesquelles elle est restée malgré les insultes et les coups pendant toutes ces années. "Même si j’étais terrorisée et démunie, j’aurais dû trouver le moyen de quitter mon sale bonhomme, ou du moins de porter plainte et de l’expédier en détention. Mais tant de fois il avait échappé à la justice, tant de fois il s’en était tiré", écrit-elle dans son livre. "Je devins une femme battue, celles dont on ne comprend pas pourquoi elles restent".

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Celle qui est devenue le symbole des femmes victimes de violences conjugales revient également sur son procès, accusant les juges de ne pas voir cherché à voir sa vie de femme battue comme la cause de son geste. "La justice m'a simplement renvoyé à la figure ma culpabilité", raconte-t-elle. Interviewée par Thierry Demaizière sur TF1, à l'occasion de la sortie de son livre, elle déclare : "je ne suis pas coupable, j’ai tiré mais je ne me suis jamais sentie coupable. Je reconnais les faits mais je voulais que cela se termine". Après sa condamnation, une première demande de libération conditionnelle lui avait en effet été refusée au motif qu'elle ne s'interrogeait pas suffisamment sur son crime et sa responsabilité. Mais François Hollande lui a finalement accordé une grâce présidentielle totale le 28 décembre 2016, entraînant sa libération.

 

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