Dans un rapport, la Cour des comptes étrille le système de primes de la SNCF et les avantages accordés aux cheminots. Elle invite l'entreprise à mener "des transformations profondes".

La SNCF doit réagir. Dans un rapport publié lundi 18 novembre sur son site, la Cour des comptes étrille la gestion des ressources humaines de la SNCF et l’invite à moderniser son fonctionnement, rapporte Capital. Alors que l’arrivée de la concurrence pour les TGV doit être effective en décembre 2020, la Cour des comptes estime qu’il est nécessaire pour l’entreprise ferroviaire de mener "des transformations profondes" dans sa politique de ressources humaines afin de "permettre une meilleure productivité du travail, une plus grande maîtrise de la masse salariale et une adaptation du modèle social historique". Pour arriver à ces conclusions, les magistrats se sont basés sur une période allant de 2012 à 2017.

Dans son rapport, la Cour des comptes dresse un premier constat inquiétant : le temps de travail est trop faible au sein de la SNCF. Sont notamment épinglés les personnels "roulants", dont la durée annuelle de travail est plus basse "de 32 heures entre l’accord d’entreprise et la convention collective". Résultat, "le nombre de jours non travaillés est supérieur de 14 jours à la SNCF par rapport à la convention collective" et "cet écart sur la durée annuelle du travail des roulants n’a aucune justification, la durée légale du travail en France étant très inférieure à celle pratiquée dans d’autres pays".

Comme le précise Capital, les "sédentaires" (notamment les agents de circulation et les personnels de chantier) bénéficient également d’un temps de travail insuffisant. Sur une année, ils ont travaillé en moyenne entre 1 568 et 1 589 heures, alors que la convention collective établit le temps de travail à 1 600 heures.

Des primes anciennes, trop faibles ou aberrantes

Dans son rapport, la Cour des comptes s’étonne également de "la diversité des primes et indemnités" à la SNCF. "Pour certaines, le faible montant en enlève tout intérêt ; pour d’autres, relevant de dispositifs anciens dépassés, c’est leur raison d’être qui pose question", écrivent les magistrats. Ils citent notamment la prime de détection de rails défectueux ou la prime de parcours des agents de conduite qui, d’après eux, semblent "consister à rémunérer les salariés pour avoir fait quelque chose qu’ils sont censés faire".

Paradoxalement, d’autres primes en vigueur au sein du groupe ferroviaire paraissent trop faibles à la Cour des comptes, qui s’étonne par exemple que l’indemnité horaire de nuit soit fixée à 2,70 euros. La gratification de travail dans les tunnels est plafonnée à 0,93 euro la demi-journée. Elle invite donc l’entreprise à "simplifier et rationaliser le système indemnitaire".

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