Sport, apparatchiks et corruption

En matière de corruption, les dictatures des apparatchiks -autrefois dénommées dictatures du prolétariat- ont fait, et font encore, leurs preuves. Et en France ?

Certes, les structures gouvernementales y sont moins étouffantes que sous les régimes communistes mais l'évolution est en bonne voie : un mille-feuille administratif de plus en plus complexe et coûteux, dispensateur de subventions généreuses et piloté par les bons serviteurs : des apparatchiks aussi convaincus de leur utilité et de leur supériorité que ne le furent les nobles avant la Révolution. Or, on l'a souvent dit, le clientélisme est la porte ouverte vers la corruption.

Aujourd'hui, c'est le sport qui est sur le podium et il y restera longtemps. Les techniques de "traitement" sont de plus en plus sophistiquées et efficaces et de moins en moins décelables. Les sommes mises en jeu sont parfois astronomiques. La valorisation médiatique est fascinante. L'odeur de l'argent trouble attire les mafieux. Mais, ne nous y trompons pas : le dopage n'est que la partie visible de l'iceberg.

Le clientélisme est moins spectaculaire mais, à terme, tout aussi dangereux. Rares sont les démocraties qui ne sont minées qu'à la marge. Selon moi, en France, c'est Sarkozy qui a le mieux stimulé la chasse aux prestations avec une diabolique efficacité : la "crise" servait de paravent pour faire croire que cette forme de relance était indispensable. Oui, il fallait injecter de l'argent pour soutenir l'économie mais en misant sur les domaines créateurs de richesse, et ils sont nombreux, et non pas sur les incitations à l'oisiveté quémandeuse. Il faut reconnaître que François Hollande n'a rien fait pour freiner cette spirale vers l'abîme d'une dette vertigineuse.

Et, un "bonheur" ne venant jamais seul, il se pourrait que la corruption s'invite dans l'un de nos jardins les mieux protégés : l'avenir de nos enfants. Notre ministre de l'éducation nationale a trouvé la clef de la boîte de Pandore. Des groupements d'établissements vont permettre une meilleure mixité sociale. Certains collèges disposeront d'un encadrement efficace : ils accueilleront les enfants des apparatchiks et quelques élèves issus de milieux "défavorisés", pour assurer le décor. Ailleurs, ce sera le nivellement par le bas. Selon moi, cette approche idéologique est erronée. Les protestations de quelques mères de famille, cyniquement instrumentalisées, n'y change rien. Il faut, au contraire, regrouper les élèves de niveau semblable et leur offrir un enseignement adapté.

Pour conclure, ne vous faites pas d'illusions : la corruption, comme le communisme, finit par pénaliser les apparatchiks eux-mêmes.

En vidéo sur le même thème :Valls : le football, "ça ne peut pas être la corruption"

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité