Selon une étude OpinionWay réalisée récemment pour Le Figaro et LCI, 56% des Français sont opposés à la disparition de l'euro et au retour au franc. Planet.fr revient sur les principaux arguments des partisans et des opposants de la monnaie unique.
Sondage : 56% des Français sont opposés à la disparition de l’euro et au retour au franc

Une étude OpinionWay réalisée du 23 au 25 avril pour Le Figaro et LCI indique que 56% des personnes interrogées sont opposées à la disparition de l’euro et au retour au franc, alors que 26% y sont favorables. En outre, 18% des sondés se disent "indifférents". Les personnes âgées semblent les plus attachées à l’euro. En effet, les personnes de 65 ans et plus sont opposées à une telle disparition a hauteur de 70%.

La question de la sortie de l’euro est désormais mise sur le devant de la scène politique. En effet, certains partis politiques - le FN ou Debout la République -  n’hésitent pas à mettre clairement en cause l’euro en le désignant comme responsable des difficultés économiques que traverse l’Hexagone. Ils préconisent alors une sortie de l’euro. Face à eux, de nombreux économistes et politiques estiment au contraire que la crise financière que connaissent les pays européens est justement due à un déficit  "d’Europe". 

Les arguments des partisans de la sortie de l’euro

La crise économique que subit l'Europe depuis le début de la décénnie a entrainé un regard de plus en plus sceptique sur la zone euro qui est supposée être protectrice pour les Etats européens. Ainsi, sortir de l'euro serait préférable plutôt que de s'enfoncer dans un système qui a démontré ses limites.

-L’euro est trop élevé pour certains pays (principalement du sud), comme la Grèce, l’Italie ou même la France. La monnaie unique est devenu une contrainte, un frein à la croissance, plus qu’un atout.

-A cause de cette monnaie trop forte, les entreprises ne parviennent plus à exporter et sont contraintes de délocaliser. Conséquences : le chômage grimpe. Ainsi, pour lutter contre le chômage et relancer la compétitivité des entreprises il faudrait délaisser cette monnaie.

-Sortir de l’euro permettrait notamment aux Etats de retrouver le levier de la dévaluation compétitive. Dans le même temps, d’autres membres de la zone euro seraient délestés du poids de la solidarité financière. 

-Les partisans d'une sortie de l'euro arguent en outre que la souveraineté monnétaire retrouvée permettrait mieux de lutter contre les difficultés grâce à une plus grande marge de manoeuvre.

Selon les partisans d'une sortie, la zone euro fonctionne mal car elle n’est pas "optimale", c'est-à-dire qu’elle est composée d’économie hétérogènes. De plus la mobilité des personnes y est faible compte tenu les barrières culturelles et linguistiques.

Les arguments des défenseurs de l’euro

Face aux arguments de plus en plus développés par les eurosceptiques, les défenseurs de la monnaie unique estiment que les problèmes économiques ne sauraient être résolus par une sortie de l'euro. Ce serait même la pire des solutions.

-Revenir sur la monnaie unique mettrait fin, de facto, à la longue et difficile construction européenne. Les guerres et les tentations nationalistes pourraient alors, à terme, refaire surface. Abandonner l’euro serait un véritable repli sur soi.

-Délaisser la monnaie unique annoncerait certainement la fin de l’Europe. En effet, le traité de Lisbonne ratifié en 2009 par les Etats de la zone euro précise bien que "l'Union établit une union économique et monétaire dont la monnaie est l'euro". Or si l’euro disparait, il n’y aura plus d’Union.

-Si la France retrouvait le franc, elle verrait sa devise chuter. Par conséquent, le poids de la dette, libellée en euro, augmenterait. Le choc économique d’une sortie de l’euro serait considérable.

-L’euro serait aujourd’hui une protection car il empêche les Etats de pratiquer individuellement des dévaluations compétitives.

-Gérard Fonouni, Professeur agrégé d'économie et de gestion, estime que "l'euro souffre d'un déficit "d'Europe" et d'une absence de gouvernance économique collective", rapporte Le Monde. "Une monnaie unique, suppose de franchir les étapes de l'intégration fiscale, budgétaire et sociale" ajoute t-il.

Si les Français semblent sensibles à la question de l’euro, les élections européennes, en revanche, ne les intéressent pas vraiment. En effet, selon le sondage OpinionWay, 60% des citoyens n’iront pas voter le 25 mai prochain.

Vidéo sur le même thème : Nicolas Doze Chypre une sortie de la zone euro - 22 mars

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