À la suite de l'incendie d'une usine chimique à Rouen, des traces noires sont apparues à différents endroits. Alors que les habitants s'inquiètent, les autorités appellent au calme et minimisent les risques.

Passé presque inaperçu du fait de la mort de Jacques Chirac, l'incendie dans l'usine Seveso de Rouen pourrait avoir des conséquences graves. Ce site classé sensible fabriquant des additifs pour lubrifiant a été la proie des flammes entre les 25 et 26 septembre 2019, laissant s'échapper un panache de fumée noire impressionnant.

Mais très vite, la réaction des autorités françaises suscite la polémique. Le gouvernement assure en effet que la pollution chimique causée par l'incendie ne présente pas de risque particulier. Un article de 20 Minutes titre (sans doute ironiquement) sur un "nuage de fumée un peu toxique mais pas trop".

Incendie de Rouen : des traces noires constatées à plus de 15 kilomètres de l'accident

Mais malgré l'optimisme des autorités, les habitants de Rouen s'inquiètent, constate La Voix du Nord. Dans la ville et ses environs, parfois jusqu'à plus de 15 kilomètres de l'accident, d'étranges traces noires ont fait leur apparition dans la nuit du 26 au 27 septembre, marquée par de fortes pluies. Sur Twitter, les internautes ont partagé leurs témoignages. Les images parlent d'elles-mêmes.

Ces images interrogent sur la sincérité du gouvernement. Ces pluies toxiques ne risquent-elles pas d'entraîner une grave pollution des sols ? D'atteindre la biodiversité ?

Les autorités françaises ont officiellement admis que la Seine allait être polluée par l'accident. La CGT a réclamé une "transparence totale" sur les conséquences sanitaires de l'incendie.

Le gouvernement français n'en est pas à sa première minimisation de faits. En 1986, suite à la catastrophe de Tchernobyl (qui a fait 35 000 morts), le gouvernement de François Mitterrand et Jacques Chirac avait largement minimisé les risques sanitaires, alors qu'un nuage radioactif traversait l'Europe. Dans l'hexagone, la pollution aux isotopes avait causé plus de 10 000 cancers, rappelle le site Rebellyon.

De même, suite à l'incendie de Notre-Dame en avril 2019, le gouvernement d'Emmanuel Macron était d'abord resté muet sur les risques de pollution au plomb. Depuis la catastrophe, la concentration en plomb dans le quartier a augmenté jusqu'à 400 à 700 fois la normale, selon Mediapart. Cette pollution pourrait entraîner l'apparition de cas de saturnisme chez les habitants du quartier, notamment les enfants en bas âge, une maladie pouvant rendre fou.

Les catastrophes industrielles peuvent se révéler particulièrement meurtrières. En 1984, l'explosion d'une usine chimique en Inde avait causé la mort de 3500 personnes la nuit de l'accident, puis de 25 000 autres des suites de la pollution, selon des associations de victimes.

En France, on compte au total 1312 sites sensibles classés Seveso.

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