Déjà très populaires en Asie, les robots destinés à avoir des relations intimes avec les êtres humains débarquent en France. Une maison close a même ouvert à Paris.

AFP

Oubliées les poupées gonflables, bonjour les robots sexuels. Depuis quelques années et grâce aux avancées technologiques, de nombreuses firmes ont mis au point des robots humanoïdes particulièrement crédibles. Si l’année dernière, l’ouverture d’une maison close à Barcelone avec ce type d’équipement avait particulièrement fait parler d’elle, plus récemment c’est à Paris que le sujet a ressurgi.

Joakim Louski, entrepreneur, vient ainsi d’ouvrir dans le 14ème arrondissement une maison close avec trois robots. Pour passer du temps avec Kim, Sophia ou Lily, ses trois robots, il faudra au client débourser entre 89 et 149 euros, et s’acquitter d’une caution de 100 euros, explique Mashable. Sur place, le robot sera déjà dans la "configuration souhaitée", précise le site internet qui indique que l’usage de préservatifs et de lubrifiant est par ailleurs obligatoire.

En dépit de l’usage du terme "maison close", le business de Joakim Louski n’a absolument rien d’illégal : "nous louons des jouets, un morceau de métal avec du silicone". En revanche sur le plan moral, les robots sexuels sont loin de faire l’unanimité. Si l’entrepreneur assure que ses love doll peuvent constituer un exutoire pour certains, d’autres s’inquiètent qu’il s’agisse une fois de plus de banaliser les rapports de domination des hommes sur les femmes. Un rapport  de la Foundation for Ethics Robotics pointait ainsi du doigt les robots programmés pour être réticents à être touchés dans des parties intimes, et avec lesquels un rapport sexuel pourrait se rapprocher d'un viol. 

S'il est prévu que des robots sexuels masculins fassent leur apparition sur le marché dans le courant 2018 mais ils ont beaucoup de retard en comparaison de leurs homologue féminin siliconés. Aujourd'hui, il faut compter un minimum de 5000 euros pour ce type de produit.

 

 

Combler la solitude

A Paris, il est clairement question de monnayer un échange sexuel avec un robot, mais en Asie et notamment en Chine et au Japon, les love doll répondent un autre marché dont les contours ne se limitent pas aux rapports charnels et touchent au sujet beaucoup moins sexy de la solitude amoureuse. "La Chine a une pénurie de femmes, c’est un facteur qui alimente la demande pour nos produits. Mais nos poupées ne proposent pas que du sexe", explique ainsi Wu Xingliang, le directeur marketing d’Exdoll dans La Parisienne. Les chiffres lui donnent raison : il y a 33,6 millions de Chinois de plus que de chinoises. 

Au Japon, le taux de natalité est en chute libre depuis 10 ans, En 2016, comme le relève LCI, l’Institut national de recherche sur la population s’inquiétait du fait que 70% des hommes et 60% des femmes entre 18 et 34 sont célibataires. La faute selon Agnès Giard, anthropologue, à une société extrêmement rigide. "Le profil du client [des love doll] n’est pas celui d’hommes souffrant de solitude mais au contraire de personnes qui font le choix de rester seuls […] En couple, un Japonais doit se marier, avoir des enfants, et devenir salarié d’une grande entreprise. L’homme sacrifie sa vie de couple à sa carrière. La femme, elle, sera cantonnée au rôle de mère. Elle devra renoncer à travailler. Une femme mariée qui travaille empêche son mari de progresser dans sa carrière, car elle le prive de promotion, réservée aux hommes qui ont un foyer à soutenir", explique-t-elle dans Le Temps.

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On ne compte d’ailleurs plus le nombre d’articles relatant, la naissance de sentiments amoureux des propriétaires envers leurs love doll. Dans son ouvrage Un désir d’humain – Les love doll au Japon (collection Japon Les Belles Lettres), Agnès Giard précisait aussi qu’aujourd’hui, ces robots constituent également : "un véritable laboratoire pour la recherche en vie artificielle."

Vidéo : J'ai choisi pour vous - Raphaëlle Duchemin revient sur les poupées sexuelles

mots-clés : Sexe, Société, Amour

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