Invité sur RMC, le haut-commissaire aux Retraites a précisé que la "généralisation de la clause du grand-père" conduirait à une application de la réforme dans 40 ans.
Retraite : la réforme appliquée dans 40 ans en cas de "clause du grand-père"AFP

C’est la patate chaude du gouvernement. Pour la seconde partie de son quinquennat, Emmanuel Macron a décidé de s’attaquer au système de retraite français, sujet hautement sensible dans l’Hexagone et même au sein du gouvernement, qui s’écharpe sur la question de la clause du grand-père. Cette dernière vise à appliquer la réforme du gouvernement aux personnes qui entreront sur le marché du travail après le vote de la loi – prévu en juillet 2020 – ou après son entrée en vigueur en 2025.

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a exclu la semaine dernière de réserver le futur régime de retraite par points aux nouveaux entrants sur le marché du travail à partir de 2025. Cette clause serait pourtant un choix d’Emmanuel Macron afin de pouvoir ménager les Français bénéficiant de régimes spéciaux. Dans sa forme actuelle, le projet de loi prévoit que le nouveau système entre en vigueur pour la génération de 1963, qui sera âgée de 62 ans en 2025.

Retraite : "Sa généralisation fragilise tout le projet"

Invité sur RMC mardi 12 novembre, Jean-Paul Delevoye a assuré qu’"exactement", "la généralisation de cette clause du grand-père" conduirait à l’application de la réforme dans 40 ans. Quelques jours seulement après la polémique, le haut-commissaire aux Retraites n’a pas précisé s’il y était favorable ou non, se contentant de dire qu’il offrait "le maximum de cartes au président et au Premier ministre" avec son rapport. "Ce que j’ai dit, c’est que sa généralisation fragilise tout le projet", s’est tout de même expliqué Jean-Paul Delevoye, précisant que "son opportunité, sa capacité de mise en œuvre pour certains cas, certaines professions, certaines situations est importante".

"C’est la volonté du président de la République et du Premier ministre de dire ‘Donnons-nous le temps de faire la transition’, car si l’on est tous d’accord sur le principe universel, la transition, la durée de transition, le mode de transition est l’élément essentiel", a ajouté le haut-commissaire, plaidant pour garder "cette capacité de pouvoir n’offrir cette rentrée [dans le nouveau système, ndlr] qu’aux entrants". Lors de cet entretien sur RMC, Jean-Paul Delevoye a notamment évoqué la situation des enseignants et des agriculteurs, pour lesquels il souhaite "un chemin de convergence" vers le régime unique "le plus acceptable socialement (…) pour offrir sur la diversité des régimes de départ une diversité de chemins pour aller vers le même point". Alors qu'il mise sur un vote de la loi en 2020, l’exécutif ne veut pas encore dévoiler toutes ses cartes.

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Vidéo : Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye dit non à la clause du grand-père

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