(Illustration)Istock
Elle avait 13 ans quand elle a commencé. Par la suite, elle a poussé d'autres adolescentes de son foyer à faire de même... Jusqu'à être arrêtée en 2017.

Un réseau de prostitution démantelé dans un foyer d’aide à l’enfance : une adolescente jugée

Prostitution et proxénétisme. Une adolescente et son petit ami aujourd’hui âgés de 16 et 24 ans ont été mis en examen pour "proxénétisme aggravé" dans des foyers d’aide sociale à l’enfance du Val-d’Oise, à Cergy.

Inès, comme la surnomme 20 Minutes, a commencé à faire ses premières passes à l’âge de 13 ans. Une adolescente de son foyer lui a proposé ce qu’elle pensait à l’époque être une offre en or. Pour gagner de l’argent "facilement", elle avait mis à sa disposition un appartement à Paris et s’occupait des annonces contre 50% de marge. Voyant son petit business devenir lucratif, Inès est très vite passée au stade supérieur.

A lire aussi : Des prostituées racontent les requêtes les plus improbables de leurs clients

"Trop occupée à se faire de l’argent," l’adolescente a fini par se déscolariser. Après avoir changé de "mac", elle s’est constituée son propre réseau avec plusieurs adolescentes de foyers à sa charge. A ses 15 ans, la justice la rattrapé et l’a mis en examen pour "proxénétisme aggravé en raison de la pluralité de victimes". Elle a été placée en 2017 dans un centre éducatif renforcé, en attente de jugement devant le juge des enfants. Son compagnon, âgé de 22 ans à l’époque selon 20 Minutes, doit comparaître ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Un réseau de prostitution démantelé dans un foyer d’aide à l’enfance : "un dossier tristement classique de proxénétisme"

Maître Noémie Saidi-Cottier, défense de l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) a déclaré qu’ils avaient affaire à un dossier "tristement classique de proxénétisme de 'banlieue'". Selon "il prend naissance dans des foyers de l’Aide sociale à l’enfance, là où justement ces jeunes sont placés pour être protégés".

Avant de rencontrer Inès et son petit ami, les adolescentes du foyer s’adonnaient déjà à cette pratique. Le couple d’adolescent est soupçonné d’avoir facilité leur activité. Toujours selon les mêmes sources, Inès avoue avoir réservé des chambres d’hôtels et publié des annonces. Elle était également en charge du recrutement de nouvelles recrues pour les "week-ends".

957 appels. Sur sa ligne téléphonique dédiée à l’activité de prostitution et de proxénétisme, Inès a reçu 957 appels d’environ 200 interlocuteurs, quotidiennement. Comme son mentor l’a fait à ses débuts dans le métier, Inès récupérait 50% des gains de ses "protégées" et versait sa moitié à Walid, son petit ami. Aujourd’hui ce dernier assure n’avoir eu qu’un rôle minime dans cette histoire et de n'avoir agi que "par amour" et pour lui "rendre service".

L’enquête a d'ailleurs relevé que les jeunes filles prostituées en question étaient en étroite relation avec d’autres hommes. La juge d’instruction a indiqué dans son ordonnance de renvoi penser que d’autres "personnes gravitent autour des jeunes filles qui s’adonnent à une activité prostitutionnelle", en déplorant ne pas avoir été en mesure de réunir des charges suffisantes pour les impliquer.

Les prévenus risquent dix ans de prison et 1,5 millions d’euros d’amende.

En vidéo - Le bilan très négatif de la loi de 2016 sur la prostitution