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"Mon statut d’espion m’a coûté ma vie personnelle"

Le quotidien d’agent secret n’est que mensonge. Nous n’avons pas le droit de révéler notre véritable profession et devons jongler entre nos différentes couvertures. Tout doit rester confidentiel, il nous est impossible de nous confier ou de demander conseil à notre entourage. Le faire reviendrait à les mettre en danger. Et ce, dès le premier contact. Le secret absolu doit être gardé.

Pendant les études, seules les familles peuvent être informées de notre appartenance au KGB, mais aucun détail n’est en revanche donné. Les restrictions familiales sont difficiles à supporter. Plus on avance dans la carrière plus cela devient compliqué pour les familles (femmes et enfants). Il ne faut pas dévoiler ce métier aux enfants car innocemment, les petits peuvent en parler à l’école et cela peut engendrer des difficultés. Si l’on décide de trahir le service, les familles sont détenues. La pression psychologique est lourde. Certains espions, envoyés 30 ou 40 ans à l’étranger sont coupés de toutes relations avec leurs femmes et leurs enfants, qui eux, restent en Russie. Dans mon service, des couples étaient toutefois formés. Contrairement à ce que l’on pense, il y a très peu de femmes espionnes. Elles sont généralement les épouses d’illégaux partant à l’étranger et sont considérées comme les auxiliaires de leurs maris. Mais tout n’est pas toujours aussi simple…

"On m’a forcé à rompre avec mon premier amour"

Par ailleurs, lorsqu’on entre en formation dans les renseignements secrets, chaque relation sérieuse doit être rapportée à l’institution. Le KGB devait en effet donner son aval avant que l’on puisse aller plus loin. C’est donc ce que j’ai fait, lorsque je suis tombé amoureux pour la première fois. J’ai dû remplir une fiche afin qu’une enquête soit menée sur ma bien-aimée et son entourage (condamnations, relations et ambitions politiques, métiers exercés...) Au bout de 2 semaines, on m’a précisé qu’elle ne convenait pas au KGB.

On m’a alors forcé à trouver une excuse bidon pour rompre. Ce que j’ai fait, à contre cœur… Je suis passé pour un véritable ingrat. J’ai su bien trop tard que ce n’était qu’une épreuve, pour tester ma fidélité à l’institution.

Mes relations suivantes n’ont jamais abouti, car je ne voulais pas faire subir mon statut à quelqu’un. L’espionnage est incompatible avec la vie de famille. Cela a détruit ma vie sentimentale. Je ne me suis donc jamais marié.

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