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"On ne postule pas au KGB, c’est le service qui vous recrute"

Les services de renseignements n’aiment pas du tout qu’on les sollicite directement comme l’a fait Poutine étant jeune. Ce sont eux qui viennent vous chercher. Ils repèrent ceux qu’ils estiment être de bons éléments eux-mêmes, et se constituent un vivier de potentielles recrues en suivant plusieurs années durant les enfants et étudiants doués pour les langues, les personnes ayant un métier en rapport avec l’international. Cela constitue leur voie royale de prospection. Une enquête sur 2 ou 3 ans est ensuite réalisée (lieux d’habitation depuis la naissance, relation avec l’ensemble des professeurs, enquête sur la famille…) Les services régionaux sont impliqués dans la recherche.

Autres critères indispensables : l’état de santé et la condition physique. Poutine était par exemple champion de judo et de sambo, lutte d'autodéfense des agents spéciaux. Les capacités psychologiques et mentales sont aussi évaluées tout comme les aptitudes à travailler dans un milieu dangereux, où les pressions sont fortes : "cette personne sera-t-elle capable de manipuler les autres, de former, recruter d’autres agents ?" L’examen est complexe et élitiste.

Les chiffres en attestent : sur 290 millions d’habitants, seulement 100 personnes sont recrutées par an. 30 d’entre elles iront sur le terrain.

Le service d’espionnage représente au total 10 000 personnes. Parmi elles, seules 300 font partie du Service des "illégaux"(agents clandestins sous couverture), que j’ai intégré en 1987. Mais bien avant cela, le Parti communiste m’a érigé au rang de chef.

"Mes premières grandes responsabilités me sont confiées à 14 ans ! "

A 14 ans, parallèlement à mes études, le Parti communiste me choisit pour diriger et animer les détachements importants des pionniers soviétiques et du Komsomol (courant de l'organisation de la jeunesse communiste). En tant que colonel d’un régiment de jeunes pionniers, je dirige ainsi trois années durant 1400 personnes !

Grâce à mes brillantes études, mes excellents résultats sportifs et mes activités politiques, j’obtiens la recommandation officielle de la direction régionale du Parti communiste, si difficile à conquérir. Elle me sert de passe-droit pour entrer à la prestigieuse université MGUIMO, faculté des relations économiques internationales (équivalente de Sciences Po et de l’ENA en France). J’y poursuis mes études supérieures de 1978 à 1983. C’est là que tout bascule…

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