Les spécialistes estiment à près d'une centaine le nombre de mosquées françaises de cette mouvance de l’islam dont se réclament les terroristes. 

Depuis quelques jours, plusieurs mosquées ont fait l’objet de perquisition de la part des forces de l’ordre dans le contexte de l’état d’urgence. Toutes ces mosquées ont un point commun : elles sont d’obédience salafiste. Il en existerait, selon les spécialistes, plus de 90 sur le territoire national, principalement situées en Ile-de-France, autour de Lyon, de Marseille, de Lille ou encore de Roubaix.

Une mouvance qui trouve ses adeptes dans la jeunesse

Le salafisme est une mouvance politico-religieuse de la religion musulmane dont le but est de revenir à un islam du temps du prophète Mahomet et des "salafs" (les ancêtres) ; un islam fondé exclusivement sur le Coran et la Sunna (la voie dictée par Mahomet).

Ce mouvement piétiste, dérivé du wahhabisme, est né au XIXe siècle en Arabie saoudite et se diffuse de plus en plus en France depuis une quinzaine d’années et dans le monde arabe, grâce aux pétrodollars saoudiens. Cette mouvance enregistre de plus en plus d’adeptes chez les jeunes qui contestent la pratique de l’islam de leurs aînés, jugée dévoyée ou "européanisée". Les salafistes en France sont généralement mal perçus du fait de leur accoutrement : port du voile pour les femmes, d’un habit traditionnel et d’une barbe pour les hommes, pratique rigoriste de leur religion…

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Les salafistes ne veulent pas être associés aux djihadistes

Pour autant, si les terroristes se réclament de cette mouvance, les salafistes ne sont pas nécessairement des djihadistes en puissance. D’ailleurs, la plupart des salafistes ne veulent pas être assimilés aux terroristes de l’Etat islamique (EI). A l’image de l’imam controversé de Brest qui parle de l’EI comme d’un "groupe égaré" ou bien d’un fidèle de la mosquée salafiste de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), interrogé dans Le Point, qui déclare : "Nous trouvons insultant d'y être comparés, car, pour nous, les terroristes sont des khawarij [déviants ou sortants de l'islam, NDLR]."

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La plupart des salafistes ne se reconnaissent pas dans le djihadisme et appartiennent à la branche quiétiste, qui refuse tout engagement politique, source de fitna ("division"). Toutefois, il existe une branche "révolutionnaire" dans le salafisme : le takfirisme, dont la volonté est d’établir par la force un Etat régie par les règles de l’islam.

Les terroristes français n’ont pas vraiment le profil d’un salafiste

Comme le souligne Le Monde, le profil des djihadistes, de Mohamed Merah à Abdelhamid Abaaoud, n’est pas celui du musulman barbu, étudiant l’islam depuis des années. Ils ont plutôt le profil de délinquants, radicalisés en quelques temps sur internet, en prison, ou suite à des rencontres et qui ont souvent fait des voyages en Syrie, sans jamais avoir été de fervents religieux.

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