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Féminicides, agressions sexistes et sexuelles : les hommes protégés par tout un ensemble de mécanismes sociaux ?

"Il ne faut pas sous-estimer la persistance dans nos sociétés de cette idée que la femme n’a pas tout à fait la même valeur que l’homme", déclarait en 2014 Najat-Vallaud Belkacem, ministre des Droit des femmes, dans les colonnes de Paris Match. C’est de ce postulat que découle le traitement réservé aux femmes — et par conséquent celui accordé aux hommes, y compris quand ils s’avèrent être des agresseurs, des harceleurs, des assassins ou des meurtriers.

"La société Française est machiste, c’est un état de fait", estime la bénévole du collectif "Féminicides par compagnons ou ex" pour qui il existe une certaine "haine des femmes sous-jacente". "Quand elles s’expriment sur les violences qu’elles subissent, les femmes sont traitées de menteuses, décrites comme des manipulatrices. Elles feraient ça pour s’en prendre à l’homme, celui qu’il n’est pas permis d’attaquer. Les hommes sont intouchables, comme l’ont très bien expliqué l’avocate Yael Mellul et l’autrice Lise Bouvet dans leur livre Intouchables", poursuit-elle. "Sans dire des Etats-Unis qu’ils sont plus avancés que nous, j’ai souvenir d’une femme américaine qui m’expliquait que son compagnon avait été incarcéré dans la soirée après l’avoir giflée. Le traitement n’est pas le même…", explique encore l’administratrice de la page.

La solidarité qui existe entre les hommes contribue elle aussi au problème. "L’homosocialité qui existe chez les hommes les pousse à prendre parti pour un agresseur plutôt que pour une victime. C’est en partie pour cela que les hommes se trouvent systématiquement des excuses", complète la bénévole.

"Notre société repose sur une hiérarchisation de la valeur des individus. Les femmes sont considérées comme moins importantes. C’est dans ce cadre-là que s’exercent les inégalités qu’on sait et l’organisation de leur domination par les hommes, de façon systémique. Ils bénéficient de privilèges et de droits dont certains s’exercent directement sur les femmes",  précise encore Muriel Salmona. "Les violences conjugales en sont l’illustration : l’homme dispose d’un droit sur le corps de la femme et même sur sa vie. Dans l’intimité du couple, la justice ne s’exerce pas de la même façon, puisque l’on n’hésite pas à parler de ‘crime passionnel’ pour ce qui, de facto, est un crime", poursuit la psychiatre pour qui, encore une fois, l’objectif est de maintenir l'oppression qui pèse sur les femmes. "Parce que les hommes ont droit à la violence dans certains cadres, il apparaît logique que les femmes soient soumises : elles se seront exposées aux agressions qu’elles subissent", dénonce la présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, démontant la logique fallacieuse sur laquelle s’appuie notre modèle.

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