Féminicides, agressions sexistes ou sexuelles : ces autres agresseurs qui sont diabolisés

Tous les hommes accusés de féminicide - c’est à dire d’avoir tué une femme pour sa condition de femme - ne sont pas présentés comme des victimes. Certains, à l’inverse, sont présentés comme de vrais monstres qui n’auraient presque plus rien à voir avec le reste de la société. C’est notamment le cas du "tueur de la gare de Perpignan", Jacques Rançon. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans pour le meurtre de plusieurs femmes, il est dépeint comme un "monstre froid" qui n’a "aucune pitié pour ses victimes", minutieux dans la façon dont il mutilait les corps. "Cela fait trente ans que je fais ce métier et je n’ai jamais vu ça", déclarait d’ailleurs le directeur interrégional de la PJ de Rennes, indique Ouest-France.

Là encore, ce type de traitement médiatique n’est pas anodin, explique Muriel Salmona. "Cette façon de parler des agresseurs comme de véritables croque-mitaines permet de catégoriser les violences, d’expliquer qu’elles ne sont le fruit que de certains milieux sociaux, de certaines ethnies — en bref, qu’elles ne peuvent être le fait que de certaines personnes, souffrant d’addiction ou de maladie, par exemple. Cela permet de masquer la dimension systémique de ces violences", explique la psychiatre.

"Certaines psychoses sont parfois avancées pour justifier le comportement des agresseurs. C’est d’autant plus injuste que la plupart des individus souffrant de telles pathologies s’en prennent à eux-mêmes plutôt qu’aux autres. Les meurtriers ne sont pas des malades mentaux. C’est probablement ce qui effraie les hommes et les pousse à mettre des oeillères", estime pour sa part la bénévole du collectif "Féminicide par compagnons ou ex". "Il y a une certaine difficulté des hommes à assumer leur situation de privilégiés. Certains le reconnaissent et tentent de changer de comportement tandis que d’autres, qui nient la réalité de ces violences, hurlent au complot féministe. Ces différents traitements permettent de masquer un statut de dominants", poursuit la présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie.

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