Mardi, dix membres d'une secte ont été placés en garde à vue à proximité de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques. Les gendarmes suspectent des actes de maltraitance sur des enfants.
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Dans la nuit de lundi à mardi, les gendarmes ont mené une vaste opération dans le château appartenant à la secte baptisée "Tabitha’s place" à Sus près de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques. Ses membres sont notamment soupçonnés de violences et mauvais traitements sur des enfants, comme le rapporte Le Figaro. "Les activités de cette communauté font l’objet d’une information judiciaire que j’ai ouverte en mars 2014 à la suite d’informations données par un ancien adepte", a signalé Jean-Christophe Muller, le procureur de Pau, lors d’une conférence de presse.

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Près de 200 gendarmes, un hélicoptère, l’Institut de recherche criminelle ainsi que des médecins-légistes ont été mobilisés pour mener à bien cette action. Une opération semblable a été menée simultanément à Perpignan où des membres de la secte travaillent aussi. Dix personnes ont ainsi été placées en garde à vue, des "hommes et femmes responsables de la communauté", dont neuf à Pau et une à Perpignan, a précisé Jean-Christophe Muller.

Des enfants maltraités

Des mineurs faisant partie de la communauté ont été auditionnés et examinés par des médecins. Certains ont présenté des "traces récentes de corrections physiques" qui font partie du "mode d’éducation" de cette secte, comme l’a indiqué le procureur. Par ailleurs, les membres de cette communauté, qui cultivent des fruits et légumes à Sus et les revendent, sont soupçonnés de travail dissimulé, de fraude aux prestations sociales et de blanchiment de fraude fiscale.

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Considérée comme une secte par la Commission parlementaire d’enquête sur les sectes depuis 1995, "Tabitha’s Place", appelée également "Ordre apostolique" ou encore "12 tribus" est installée depuis 1983 dans un château à Sus, un village de 400 habitants. Cette secte apocalyptique comprend 120 personnes dont une cinquantaine d’enfants vivant en quasi autarcie.

"Les membres de cette communauté, très rigoriste, croient que la fin du monde approche", a expliqué Georges Fenech, ancien président de la Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires (Miviludes) au Figaro. "Les mineurs, qui ne sont pas scolarisés, ne connaissent rien au monde extérieur. Ils n'ont pas de développement libre, et sont sujets à des troubles de la personnalité", a-t-il ajouté.

D'autres condamnations par le passé

Ce n’est pas la première fois que cette secte est dans le viseur de la justice. En 1997, un enfant de 19 mois y était décédé faute d’alimentation et de soins. Les parents avaient été condamnés à 12 ans de réclusion criminelle. En 2002, 19 membres avaient été condamnés pour "soustraction aux obligations légales des parents".

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