Si je viens de déposer une proposition de loi visant à renforcer les sanctions à l'égard des propriétaires qui abandonnent les animaux, en réclamant 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende, c'est qu'il y a urgence.

D'ailleurs, le lendemain, la SPA lançait  un appel national. Car les abandons, plus de 60.000 par an se concentrent l'été. Des milliers d'animaux sont lâchement abandonnés depuis le début du mois de juillet. Des vies brisées.

Il faut dissuader. Punir. Et protéger pour le futur. C'est l'objectif de mon texte.
Après ma mobilisation pour donner un statut juridique aux animaux, mon plan de stérilisation des chats errants (destiné à limiter le recours massif à l'euthanasie), et ma demande d'abolition du broyage des poussins mâles, si me voici aux côtés des animaux abandonnés, principalement durant les vacances, c'est que je pense qu'une société qui maltraite les animaux est une société qui n'a de respect ni pour les plus faibles, ni pour la vie tout simplement.

"Être vivant doué de sensibilité"

La reconnaissance par la loi du 16 février 2015 du statut "d'être vivant doué de sensibilité" pour les animaux, que nous avons portée, députés de droite comme de gauche, nous oblige.

Les peines encourues pour abandon d'animal ou encore les sévices commis restent inférieures à celles liées aux vols d'animaux. D'où ma proposition d'harmoniser les sanctions.

Le texte prévoit ainsi une peine de 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour ce type de délit, contre 2 ans et 30.000 euros auparavant. Il demande également la confiscation de l'animal, quand le propriétaire a été condamné pour sévices sur son animal.

L'appel lancé mardi par la SPA en faveur de l'adoption des animaux abandonnés, souligne l'urgence d'agir. Il y a une semaine, la SPA de Mulhouse avait diffusé une vidéo d'un homme abandonnant ses chiots devant un refuge.

30 Millions d'Amis qui a réuni 800.000 signatures sur sa pétition pour le statut de l'animal, soulignait par la voix de sa présidente que des propriétaires particulièrement féroces mutilent leurs animaux tatoués avant de les abandonner de peur d'être repéré.

Les SPA soulignent que la moitié des animaux réceptionnés ne remplissent pas les obligations de tatouage.

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C'est pour toutes ces raisons que mon texte prévoit également l'interdiction de toute nouvelle possession d’animal pour les propriétaires qui ont abandonné leurs animaux.

Je l'ai mis en ligne sur le site du think tank que je préside, nouveaux-horizons.fr, pour que vous puissiez l'amender vous qui possédez un animal, qui êtes bénévoles dans une association de protection des animaux, qui avez décidé d'épouser la vocation de vétérinaire ou qui travaillez dans une fourrière pour chat. En un mot vous qui êtes acteur. Car c'est avec vous que nous ferons évoluer notre droit.

On me dit parfois : n'y a-t-il pas plus urgent ? Et les violences faites aux femmes ? Et le chômage ?

Une lecture attentive des propositions de lois, amendements que je dépose ou des questions que je pose au gouvernement, permet de balayer ce type de procès d'intention.

Dans Télématin, le 3 avril dernier, au lendemain de l'adoption de ce texte sur le statut des animaux, je lançais un appel à l'unité sur le chômage, invitant le gouvernement et les élus de droite et de gauche à s'unir sur quelques mesures d'urgence comme nous venions de le faire pour nos amis les bêtes (voir l'interview en vidéo ici).

Car je crois que la politique s'honore à traiter des problèmes concrets et à dépasser les oppositions stériles pour additionner les différences sur les sujets qui préoccupent nos compatriotes.

Car je crois que voter selon ses convictions y compris quand le projet est proposé par une majorité à laquelle on n'appartient pas, est une preuve d'amour aux Français et à la France.

Alors agissons plutôt que de sombrer dans les combats stériles.

Pour le mieux-être des Français, comme pour le bien-être des animaux,  sachons être authentiques.

Voir en vidéo sur le même thème : Droit des animaux : "Soyons humains avec les bêtes"