Plusieurs dizaines de Français continuent de toucher une pension pour obéissance et loyauté au régime d'Hitler. On en sait maintenant un peu plus sur qui ils sont.
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Pensionnaires nazis : 2 033 personnes concernées

Fin février, le quotidien belge De Morgen révélait qu’une vingtaine de Belges percevaient toujours une pension complémentaire pour "loyauté et obéissance" au régime nazi, versée par l'Allemagne. Désormais, on sait également que des Français figurent sur la liste. France Info a mené l’enquête auprès du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales allemand pour en savoir plus sur le profil de ces bénéficiaires.

Selon ce ministère, 2 033 personnes dans le monde ont touché cette pension le mois dernier. Parmi eux, 54 vivent actuellement sur le territoire français.

Comme le rappelait Planet, cette rente peut atteindre un montant de 1 300 euros. Berlin qui l’a confirmé à nos confrères de France Info ce mercredi 6 mars 2019, en a profité pour amener quelques précisions sur le type de service rendus au régime d'Hitler. "Aucune prestation de ce type n'est versée par l'Allemagne pour service rendu dans la Wehrmacht [l'armée allemande du IIIe Reich] ou dans la Waffen-SS", a assuré le porte-parole du ministère du Travail allemand. Pourtant, une contradiction semble subsister... "Les bénéficiaires peuvent être d'anciens soldats de la Wehrmacht ou des victimes civiles de la guerre. Parmi eux, il peut y avoir, par exemple, des personnes ayant perdu un membre lors d'un bombardement", a-t-elle en effet ajouté.

Pensionnaires nazis sur le sol français : des précisions sur leur profil

Cette pension est encadrée par une loi allemande de 1951 qui exclut depuis 1997 "tout demandeur ayant violé les principes d'humanité ou l'Etat de droit pendant le régime nazi", rappelle France Info. Selon le ministère, aucun des 54 Français en bénéficiant n’a été condamné pour "crime de guerre".

D’après l'historien Geoffrey Diebold, certains Français anciennement engagés volontairement dans l’armée allemande pourraient toucher cette pension. Ils étaient 8 000 à combattre pour le régime nazi, affirme France Info.

Par ailleurs, pour Gérard Michel, de l'Association des déportés, évadés, incorporés de force (ADEIF), les "malgré-nous" ne feraient pas parti des 54 Français. Pour rappel, "ces 135 000 Alsaciens et Mosellans (ont été) enrôlés de force dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale", explique France Info.

"Peut-être y a-t-il, parmi les 54, des 'enrôlés de force' qui n'ont pas été reconnus comme tels par la France et qui, en tant que victimes de guerre, ont demandé une prise en charge en Allemagne ?", s’interroge toutefois l'historien Frédéric Stroh, spécialiste de l'incorporation de force.

Vidéo : Le gouvernement veut identifier les Français qui bénéficient d'une pension liée au régime nazi

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