Remy habite à Paris. Pour lutter à son échelle contre le coronavirus et soutenir le personnel médical, il imprime en 3D des masques de protection et des écrans faciaux. Il a accepté de témoigner pour Planet.
"Nous avons imprimé près de 200 000 visières pour venir en aide aux soignants"Deux des soignantes équipées par Remy, tous droits réservés
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"Nous avons assez de masques aujourd'hui pour permettre aux soignants d'être armés face à la maladie et de soigner les malades. Mais en fonction de la durée de l'épidémie, nous ne savons pas si nous en aurons suffisamment à terme", affirmait Olivier Véran, ministre de la Santé et des solidarités, à l'occasion d'une interview accordée à France Inter le 17 mars 2020. Quelques jours ensuite, la pénurie était apparente. "Nous n'avons pas assez de masques pour travailler correctement", expliquait par exemple François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes (SDB). Un témoignage parmi ceux de tant d'autres qui, peu à peu, font légion. Et qui s'avère toujours vrai aujourd'hui ! Les personnels médicaux et paramédicaux manquent encore cruellement de ressources pour mener à bien leur mission.

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Face à cette situation potentiellement d'autant plus anxiogène que l'Académie de médecine juge la généralisation du port du masque pertinente, certains ont décidé de se mobiliser à la hauteur de leurs moyens pour venir en aide aux soignantes et aux soignants. C'est le cas de Remy, un Parisien habitant le XIXè arrondissement qui imprime en 3D des masques de protection et des écrans faciaux qu'il distribue ensuite aux hôpitaux de son quartier. Entre deux livraisons bien évidemment bénévoles, il a accepté de s'arrêter une minute pour témoigner dans nos colonnes.

"J'ai commencé à imprimer des visières de protection il y a dix ou douze jours. Au début, je faisais aussi des masques mais c'est beaucoup plus long à faire et les établissements médicaux de mon arrondissement souhaitent surtout avoir des écrans", explique-t-il d'abord, non sans préciser avoir été "saisi par le dénuement des infirmières, des médecins ou des pharmaciens" qu'il a pu rencontrer. Et lui de poursuivre, sobrement : "J'étais convaincu qu'on pouvait produire des pièces en série avec une imprimante 3D parce que j'avais déjà été amené à le faire pour des amis passionnés de mécanique. Du coup, cela m'a semblé naturel et nécessaire de venir en aide au personnel soignant, puisque j'étais personnellement en mesure de le faire".

L'un des écrans faciaux imprimé par Remy

Imprimer des masques en 3D : un travail de longue haleine ?

Si Remy a pu mettre son expertise en matière d'impression 3D au service des personnels médicaux du XIXè arrondissement, c'est parce qu'il travaille avec d'autres producteurs — désignés dans le jargon technique comme des "makers". Rapidement, après les débuts de la pandémie, il a rejoint le réseau citoyen Visière Solidaire, qui met en lien les soignants et les gens en mesure de leur venir en aide.

Imprimer des masques en 3D : un travail de longue haleine ?

Les masques imprimés par Remy, tous droits réservés

"Très vite, des makers ont déposé des dessins et des prototypes de masques non-agréés sur les bibliothèques de fichiers .stl qui servent de modèles aux machines. N'importe qui avec une imprimante 3D pouvait donc en fabriquer", raconte-t-il avant d'indiquer avoir été contacté par la plateforme. "J'en ai d'abord imprimé pour mes proches et puis j'ai été sollicité par Visière Solidaire, qui appelle les volontaires à se mobiliser. C'est eux qui m'ont permis d'entrer en contact avec Saint-Anne et Saint-Antoine", se remémore-t-il.

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