Notre-Dame-des-Landes, le nouveau Diên Biên Phu

Notre-Dame-des-Landes, le nouveau Diên Biên Phu. Certes, cet abandon de l’aéroport est programmé depuis longtemps : les réunions, consultations et déclarations sur ce sujet lors des deux derniers mois sont de la com’ à l’état pur ; le rapport "bidon" des trois experts n’avait qu’un seul but : nous préparer à cette issue fatale ; il est bien évident que l’agrandissement de l’aéroport actuel est une option qui avait été envisagée dès le début mais rapidement abandonnée compte tenu de ses multiples inconvénients.

Pourquoi cette issue ? Il y a une, et une seule raison pour cette décision, sur le fond déraisonnable : expulser, par la force, les zadistes représentait un risque énorme de dérapage majeur. La mort de Rémi Fraisse est encore dans toutes les mémoires des responsables politiques. Mais avouer une telle impuissance de l’état face à une poignée de contestataires serait du plus mauvais effet pour l’aura de notre président. J’ai déjà dit que, selon moi, si on voulait établir un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la solution n’était pas une évacuation en force mais de « pourrir » la vie de ceux qui n’avaient aucune raison de rester là : c’était un peu plus long, mais techniquement facile à mettre en œuvre (voir ci-dessous). Or, au contraire, on a tout fait pour flatter leur égo.

Quelques centaines de zadistes pèsent plus lourd que quelques milliers de riverains de l’aéroport actuel, que la population de l’ensemble de l’agglomération nantaise survolée par les avions, que la réserve écologique du lac de Grand-Lieu, que les automobilistes bloqués sur la rocade de Nantes déjà saturée, que l’avenir économique du grand Ouest, que la parole donnée avant la présidentielle.  

Il y a plus grave : cet abandon en rase campagne est un signal fort envoyé aux contestataires de tous poils ; de nombreux médias font l’inventaire des autres projets brûlants ; installer un aéroport à Notre-Dame-des-Landes était, de loin, le projet le plus facile à mettre en œuvre : il avait reçu l’accord des élus, celui de la population consultée par vote démocratique secret ; il avait franchi la barre de presque deux cents décisions de justice ; la ZAD concernée est peu peuplée et facile à circonscrire : il suffisait d’en interdire l’accès, sauf autorisation spécifique, sous contrainte de prison ferme, puis, ensuite, de procéder ponctuellement et discrètement pour arrêter quelques récalcitrants ; les zadistes n’auraient pas pu tenir bien longtemps.

Ce premier test, car les autres n’en étaient pas, révèle à quel point notre président n’est qu’un fantoche, un Don Quichotte de pacotille ; les puissants de la terre ne le lui diront pas, mais ils n’en pensent pas moins. Quant aux commentaires des médias français, il est encore un peu tôt pour jauger le niveau des brosses à reluire : on en reparlera.

Alors, le peuple de France est-il un peuple de merde ? Si oui, il mérite la com’ de Macron et celui-ci a bien raison d’abuser de cette naïveté. Sinon, et si les résultats – dette, chômage, insécurité – ne suivent pas, la réaction risque d’être violente : Alain Juppé, et les autres, le poussent vers les extrêmes.

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité