Après l’incendie de leur ferry au large de l’Albanie dimanche dernier et leur sauvetage périlleux, les rescapés du Norman Atlantic racontent leur calvaire.

"Le feu venait de partout, de dessous nos pieds, c’était en pleine tempête, les vagues étaient très hautes. Tout ce qui était sur le sol, prenait feu." Voilà ce qu’a vécu dimanche dernier le Français Olivier Coissard, cité par RTL, hélitreuillé avec sa femme et ses deux enfants.

Comme lui, de nombreux passagers du Norman Atlantic, le ferry qui a pris feu en pleine mer Adriatique, ont commencé à raconter leur calvaire, du début de l’incendie aux longues heures à attendre les secours dans le froid.

A lire aussi : Ferry sud-coréen : les lycéens qui ont survécu témoignent

"Chaque famille se protégeait comme elle pouvait. On a passé des heures debout à attendre", a renchéri le rescapé français. Nick Channing-Williams, un passager britannique, a lui aussi confié son angoisse. "Il y a eu des moments où j'étais absolument terrifié. Quand les flammes lèchent le pourtour du bateau et qu'il n'y a aucun signe d'aide (...) vous vous sentez impuissant", a-t-il livré à la chaîne Sky News.

Le Norman Atlantic avait à son bord 422 passagers et 56 membres d’équipage. Il devait assurer la liaison entre Patras, dans le sud-ouest de la Grèce, et Ancône, à l’est de l’Italie. Le feu s’est déclaré dimanche à l’aube dans le compartiment des véhicules et s’est vite propagé au pont inférieur, par des vents violents et une mer déchaînée. Selon quelques passagers, aucune alarme incendie n’a été déclenchée. Tous se sont réveillés les uns les autres. 

"Il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées"

A bord du navire se trouvaient des passagers de 26 nationalités différentes dont des Grecs, des Turcs, des Italiens, des Allemands ou encore des Français et des Britanniques. Sans aucune directive de la part de l’équipage, la panique s’est vite emparée d'eux.

La femme de l'un des cuisiniers du ferry a reçu vers 10h, heure française, l’appel de son mari, terrifié. "Je ne peux plus respirer, nous allons tous brûler comme des rats, que Dieu nous aide", lui hurlait-il au téléphone.

D’autres angoissaient à l’idée d’être isolés au milieu de nulle part. "Nous sommes tous sur le pont, nous sommes mouillés, nous avons froid, nous toussons à cause de la fumée, il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées", a indiqué Giorgos Styliaras à des médias grecs, affirmant par la suite que lorsque les secours sont arrivés, les passagers se sont rués sur le pont, jouant des coudes pour arriver les premiers sans tenir compte des femmes et des enfants.

"J’ai vu mourir mon mari"

Dès lundi matin, une cinquantaine de rescapés ont pu rejoindre Bari, dans le sud-est de l’Italie, à bord d’un cargo. Les autres ont été secourus tout au long de la journée. Mais aujourd'hui, les rescapés pointent le manque patent d’entraînement de l’équipage aux situations d’urgence et l’impossibilité de pouvoir utiliser les chaloupes. Certains, comme Fotis Tsantakidis, chauffeur de camion interrogé par le journal grec Ethnos, ont avoué ne pas avoir trouvé de gilets de sauvetage alors que les vagues étaient d’une rare violence.

A lire aussi : Bangladesh : un ferry coule avec 200 personnes à son bord

Des conditions de sauvetage périlleuses qui ont entraîné la mort de dix personnes dont un passager grec, tombé du ferry dans des circonstances floues. Sa femme, restée à ses côtés plus de quatre heures dans l’eau, a raconté son calvaire. "J'ai vu mourir mon mari. J'ai essayé de le sauver, mais je n'y suis pas arrivée", a-t-elle déclaré à l’agence italienne Ansa depuis un l’hôpital de Lecce, au sud-est de l’Italie.

"Ce navire n'aurait pas dû partir avec un temps aussi mauvais"

Publicité
Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui s’accordent sur le fait que le Norman Atlantic n’aurait pas dû prendre la mer. Un rapport d’un organisme chargé de l’inspection des navires avait déjà pointé, le 19 décembre dernier, des dysfonctionnements au niveau de la sécurité incendie du ferry.

A lire aussi : Norman Atlantic : six dysfonctionnements relevés avant le départ du ferry

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bari (Italie).

A voir sur le même thème : Incendie du ferry Norman Atlantic : deux jours d'évacuation délicats

En imagesEn images : le ferry "Norman Atlantic" en feu au large de la Grèce

Une vaste opération de sauvetage en mer

  Dimanche matin, le "Norman Atlantic" a lancé un signal de détresse près de l’île grecque d’Othoni, située dans le canal d’Otrante, en raison d’un feu à bord. Le feu se serait déclaré sur le pont réservé aux véhicules des passagers. Le ferry italien, qui se dirigeait vers le port d’Ancône, transportait à son bord 478 personnes issues de 26 nation...

Les rescapés ont été rapidement évacués grâce à l'intervention des secours

 

Le "Spirit of Piraeus" fait partie des navires marchands réquisitionnés pour le rapatriement des victimes

 

Les médecins de l'hôpital de Brindisi ont administré les premiers soins aux rescapés

 

La Croix Rouge italienne a établi des camps pour les rescapés au port de Brindisi

 

Autres diaporamas

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité