Dans ce troisième article consacré aux techniques d'interrogatoire, Planet se penche sur la question des limites de l'exercice. Un officier de police peut-il mentir ? Eléments de réponse.
AFP

Dans l’affaire de la disparition de Maëlys de Araujo, de nombreux commentateurs sur les réseaux sociaux suggèrent des méthodes peu conventionnelles et non autorisées, comme le bottin ou le sérum de vérité, pour faire parler Nordahl Lelandais, le principal suspect mis en examen pour meurtre précédé d'un crime. De leur côté, les enquêteurs peuvent mettre en place différentes techniques d’interrogatoire, qui constituent depuis plusieurs années un vrai champ d’étude à part entière. 

Contrairement à ce que certains souhaitent, l’utilisation de l’intimidation donne peu de résultat. En 2014 un article de Slate se faisait l’écho d’une étude suédoise montrant que la gentillesse et le respect étaient beaucoup plus efficace. Un suspect en confiance se livre sans en avoir l’impression.

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Cet enseignement est toujours bien valable comme l’explique Florent Gathérias, psychologue, expert judiciaire et responsable de l’unité d’analyse comportementale psycho criminologique de la police. "C’est très simple. Quand vous secouez quelqu’un trop durement, vous générez chez lui des mécanismes de résistance. Une fois ces mécanismes mis en place, il est extrêmement difficile de les surmonter", dit-il à Planet avant d’ajouter : "En plus, le respect de la personne c’est aussi une question d’éthique."

Le mensonge, ce faux-ami

Être gentil et respectueux pour gla ner des informations, c’est donc plutôt de bonne guerre, en revanche ce qui ne l’est pas, c’est le mensonge. Comme nous l’explique Florent Gathérias, en France, la police n’a pas le droit de mentir, d’autant que notre-t-il c’est "s’exposer au risque de se décrédibiliser". "Là-dessus le droit anglo-saxon est beaucoup plus strict et le mensonge est complètement interdit", commente-t-il. 

En revanche, les autorités françaises peuvent "louvoyer" autour de certaines assertions. "La police n’a pas le droit de mentir, mais elle peut "avancer" des choses.  Ce qu’on admet en France, c’est de donner un certain poids à une preuve qui n’en pas autant. On peut aussi énoncer des vérités qui peuvent augmenter les enjeux pour l’individu questionné. On peut par exemple dire ‘’Vous savez la police scientifique s’est beaucoup améliorée’’. La personne coupable va s’attribuer naturellement cette affirmationé", détaille-t-il.

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