Non au retour des djihadistes

Je suis en total désaccord avec tous ceux qui veulent offrir à certains djihadistes un surcroît de générosité au seul prétexte qu’ils sont français ; une telle mansuétude serait contraire à la véritable charité. Et ceci vaut même pour les enfants ; il y a, dans le monde, des centaines de millions d’enfants exploités, opprimés, malheureux : pourquoi faudrait-il en privilégier quelques-uns alors qu’il n’est même pas certain que cela soit, pour eux, le bon choix (voir ci-dessous).

Sophie Coignard, éditorialiste du Point, dont je partage pleinement le point de vue – si j’ose dire, donne, notamment, un argument de poids ; si ces djihadistes sont jugés en France, leurs premières victimes n’auront pas les moyens financiers d’assister à leur procès, ce qui serait le comble de… l’injustice.

Je rappelle aussi les arguments que l’on peut trouver ici et là ; les djihadistes, hommes ou femmes, qui sont partis se battre sur le terrain, savaient parfaitement quelle doctrine ils cautionnaient ; celle de Boko Haram et des autres : l’horreur absolue.

Mais je voudrais ajouter un autre aspect de ce type de situation ; selon moi, rapatrier de tels djihadistes serait une grave erreur psychologique à leur égard ; je m’explique :

Une fois rentrés dans le cocon français, car c'en est un comparé à la vie en Syrie ou en Irak, les apprentis djihadistes oublieront vite la désolation que Daech a semé dans les susdits pays ; ils se croiront courageux d’avoir été là-bas ; certains d’entre eux se laisseront reprendre par le mirage de l’islamisme extrémiste et fomenteront des attentats en France ou, ce qui est pire, sèmeront la haine de la civilisation française. Et, même s’ils ne vont pas jusque là, ils solliciteront de l’aide pour se reconstruire et les bonnes âmes exigeront que l’on accède à cette demande qui risque fort, tel un trou noir, d’absorber, plus ou moins inutilement, une quantité fabuleuse d’énergie altruiste : que je sache, celle-ci est loin d’être surabondante et doit être préservée.

Au contraire, si ces djihadistes restent là-bas, y compris les enfants, ils seront confrontés aux problèmes des pays déstabilisés par Daech et aux réactions des autochtones : rien ne peut être plus efficace pour leur remettre les pieds sur terre et donc, quant au fond, pour leur rendre le véritable service dont ils ont besoin. Certains choisiront l’attachement à Daech ? Au moins, ce sera en connaissance de causes et de conséquences. Certains risquent la peine de mort ? Et alors ; les journalistes de Charlie Hebdo, les jeunes du Bataclan, les promeneurs de Nice, et tous les autres, pourquoi ont-ils été condamnés à mort, sans jugement et sans avocats pour les défendre ?

Puisque c’en est l’anniversaire, je rappelle que "je ne suis pas Charlie", et que ce slogan m’a fait très mal en pensant à mes amis musulmans ; je l’ai dit, dès les premiers jours ; pour autant, je suis tout de même descendu, dans la rue, avec quatre millions de Français, pour dire mon rejet viscéral des guerres de religion et mon attachement à la liberté d’expression, fût-elle imparfaite.

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