Le maire de Nice, Christian Estrosi, ne souhaite pas l'installation d'une enseigne lumineuse portant la mention "finance islamique" sur la devanture d'une nouvelle agence. La justice vient de lui donner raison.

Christian Estrosi a remporté son bras de fer avec la société Noorassur qui compte installer dans la ville de Nice un local d'assurance et d'épargne "islamiques". Le tribunal administratif de Nice a validé jeudi la requête du maire qui souhaitait interdire l'apposition de deux enseignes lumineuses avec la mention "finance islamique" en devanture d'une nouvelle agence près du port, rapporte Le Figaro.

Le juge a estimé que la décision de la mairie ne pouvait "être regardée comme portant atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate à l'intérêt public de lutte contre toute discrimination fondée sur la religion", dans son ordonnance transmise à l'AFPLa mairie de Nice avait justifié juridiquement son refus d'autoriser l'enseigne "finance islamique" en invoquant un risque de troubles à l'ordre public, et de rassemblements hostiles susceptibles de mettre en danger le personnel et les clients de Noorassur.

L'avocat de la ville de Nice avait insisté sur le fait que la municipalité n'avait rien contre l'activité de finance islamique, citant le cas d'un ex-franchisé de Noorassur qui avait ouvert en novembre 2016 dans une autre rue de Nice, en apposant une enseigne mentionnant "Finance Ethique & Responsable".

Pour Christian Estrosi, il s'agit d'une "marque de communautarisme"

Dans un communiqué, Christian Estrosi s'est félicité de la décision du tribunal : "La terminologie de cette enseigne Finance Islamique, c'est-à-dire respectant les principes de la Charia, représente clairement une marque de communautarisme que la Ville de Nice refuse sur son territoire et contre laquelle elle s'est toujours battue. Il n'existe pas de finance chrétienne ou de finance judaïque ! Cette enseigne cible clairement une partie spécifique de la population."

Toutefois, Noorassur ne compte pas en rester là. Son avocat, Me Patrice Spinosi, déjà impliqué l'an dernier dans les recours contre l'interdiction du burkini, annonce au Figaro un pourvoi en cassation.

La finance islamique se veut "éthique"

Publicité
La société Noorassur propose des produits financiers d’épargne et d’assurance respectant le Coran. De manière générale, la finance islamique s'adresse plus particulièrement aux musulmans, mais est ouverte à tout le monde. Plus qu'islamique, cette finance se veut "éthique" en respectant 5 principes : l'interdiction de la spéculation, de taux d'intérêt (usure), ainsi que l'investissement dans certains secteurs économiques "réputés impurs" (alcool, jeux d'argent, tabac, drogue, armes...). La finance islamique doit également effectuer des transactions qui doivent être fondées sur une activité réelle. Enfin, si les prêteurs et les emprunteurs se répartissent les profits, ils se répartissent aussi les pertes.

Vidéo sur le même thème : Estrosi "J'avais été très critiqué pour avoir parlé de 5e colonne"

mots-clés : Nice, Justice, Enseigne

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité